Full text : Oeuvres complètes

U  PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
Si  les  hommes,-privés  de  machines,  produisaient  par  le  seul  effort
de  leur  travail,  et  consacraient  à  la  création  des  marchandises  qu’ils
jettent  sur  le  marché,  le  même  temps,  les  mêmes  efforts,  la  valeur
échangeable  de  ces  marchandises  serait  précisément  en  proportion
de  la  fquantité  de  travail  emplovée.
De  même,  s’ils  employaient  un  capital  fixe  de  même  valeur  et  de
même  durée,  le  prix  des  marchandises  produites  serait  le  même,  et
varierait  seulement  en  raison  de  la  somme  de  travail  plus  ou  moins
grande  consacrée  à  leur  production.
Tout  ceci  est  |)arfaitemcnt  démontré  pour  les  marchandises  produites ­
  dans  des  circonstances  semblables.  Celles-ci  ne  \arieront,  relativement ­
  les  unes  aux  autres,  que  dans  le  rapport  de  l  ’accroissement  ou
de  la  diminution  du  travail  nécessaire  pour  les  produire.  Mais,  si  on
les  compare'  avec  d  autres  marchandises  qui  n  auraient  pas  été  créées
avec  la  même  somme  de  capital  fixe,  on  voit  (ju’cllcs  subissent  l’influence ­
  de  l’autre  cause  que  j’ai  énoncée,  et  qui  est  une  hausse  dans  la
valeur  du  travail  :  et  cela,  alors  même  que  l’on  aurait  consacré  a
leur  production  la  même  somme  d’efforts.  L’orge  et  l’avoine  continueront, ­
  quelles  que  soient  lesM  ariat  ions  survenues  dans  les  salaires,
à  conserver  entre  elles  les  mêmes  rapports.  Il  en  sera  de  même  pour
les  étoffes  de  coton  et  de  laine,  si  elles  ont  été  produites  dans  des  circonstances ­
  identiques;  mais  une  hausse  ou  une  baisse  des  salaires
survenant,  l’orge  pourra  valoir  plus  ou  moins,  relativement  aux
étoffes  de  coton,  et  l’avoine,  relativement  aux  draps.
Supposons  que  deux  individus  emploient  chacun  annuellement  cent
hommes  à  construire  deux  machines,  etcpi’un  troisième  individu  emploie ­
  le  même  nombre  d’ouvriers  à  cultiver  du  blé  :  chacune  des  deux
machines  vaudra,  au  bout  de  l’année,  autant  (pie  le  blé  récolté,  parce
que  chacune  aura  été  produite  par  la  même  ipiantité  de  travail.
Supposons  maintenant  que  le  propriétaire  d’une  des  machines  l’emploie, ­
  avec  le  secours  de  cent  ouv  riers,  à  fahriipier  du  drap,  et  (juc
le  pro])riétaire  de  l’autre  machine  l’appliipie,  avec  le  imhne  nombre
de  bras,  à  la  production  di*  col  on  nadéis  ;  le  fermier  continuant  de  son
côté  à  faire  cultiver  du  blé  à  ses  cent  ouvriers.  A  la  seconde  année
il  se  trouvera  qu’ils  auront  tous  utilisé  la  même  somme  de  travail  :
mais  les  marchandises  et  les  machines  du  fabricant  de  cotons  et  du
fabricant  de  draps  seront  le  résultat  du  travail  de  deux  cents  hommes
pendant  un  an  ou  de  cent  hommes  pendant  deux  ans.  Le  blé,  au  contraire, ­
  n’aura  exigé  ((uc  les  efforts  de  cent  ouvriers  pendant  un  an;  de
sorte  que,  si  le  blé  a  une  valeur  de  500  liv.  st.,  les  machines  et  les  pro-
            
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