Full text : Oeuvres complètes

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CHAP.  I.  —  DE  LA  VALEUR,
d’incessantes  variations.  En  déterminant  les  principes  qui  règlent  la
valeur  échangeable  et  les  prix,  il  nous  faudra  donc  faire  une  profonde
distinction  entre  les  variations  qui  viennent  de  la  marchandise  ellemême,
  et  celles  qui  naissent  des  perturbations  que  subit  l’étalon  des
valeurs  et  des  prix.
b  ne  hausse  dans  les  salaires,  qui  provient  d’une'altération  dans  la
valeur  de  la  monnaie,  produit  un  effet  général  sur  les  prix,  mais
n  agit  pas  sur  les  profits.  Au  contraire,  une  hausse  des  salaires,  qui
indiquerait  qu’une  rémunération  plus  large  a  été  accordée  à  l’ouvrier
ou  que  les  objets  de  première  nécessité  sont  devenus  plus  rares,  plus
coûteux,  aurait,  en  général,  pour  effet  d’abaisser  les  profits;  dans
ce  cas,  en  effet,  le  pays  consacrerait  à  l’entretien  des  ouvriers  une
plus  grande  somme  de  travail  annuel,  ce  qui  n’arriverait  pas  dans
l’autre.
C’est  d’après  la  répartition  du  produit  total  d’une  exploitation
agricole  entre  le  propriétaire,  le  capitaliste,  l’ouvrier,  que  l’on  juge
de  l’accroissement  ou  de  la  diminution  de  la  rente,  des  profits  et  des
salaires  ;  ce  n’est  pas,  ce  ne  saurait  être  d’après  la  valeur  qu’aurait  ce
produit  si  on  le  comparait  à  une  mesure  type,  reconnue  varialile,
mobile,  inconstante.
C  est  par  la  quantité  de  travail  nécessaire  pour  créer  un  produit,  et
non  par  la  portion  attribuée  aux  différentes  classes  de  la  société,  que
l’on  peut  juger  exactement  du  taux  des  profits,  de  la  rente  et  des  salaires. ­
  Des  améliorations  introduites  en  agriculture  ou  en  industrie
pourront  doubler  l’importance  des  produits  ;  mais  si  les  salaires,  la
rente,  les  profits  ont  doublé  en  même  temps,  ils  conserveront  entre
eux  les  mêmes  rapports,  et  paraîtront  n’avoir  subi  aucune  variation.
Mais  s’il  arrivait  que  les  salaires  ne  grandissent  pas  dans  la  même  proportion ­
  ;  si  au  lieu  de  doubler  ils  augmentaient  seulement  de  50  p.  O/o
et  si  la  rente  s’accroissait  seulement  de  75  p.  O/o,  laissant  aux  profits
le  reste  de  l’excédant  obtenu,  il  me  paraîtrait  fort  correct  de  dire  que
la  rente  et  les  salaires  ont  baissé  tandis  que  s’élevaient  les  profits.  En
effet,  si  nous  avions  une  mesure  type  qui  nous  permît  de  mesurer  la
valeur  de  ce  produit,  nous  verrions  que  la  part  échue  aux  ouvriers
et  aux  propriétaires  est  moins  grande,  et  celle  attribuée  aux  capitalistes
plus  forte  qu  auparavant.  Ainsi  nous  verrions,  par  exemple,  que  tout
en  doublant,  la  quantité  absolue  des  marchandises  se  trouve  être  précisément ­
  le  produit  de  la  même  somme  de  travail.  Si  chaque  centaine
de  chapeaux,  d’habits  et  de  quarters  de  blé  se  distribuait  avant  dans
les  proportions  suivantes  :
            
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