Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

DE  L’ADRIATIQUE  AU  DANUBE.

87

A  toutes  ces  troupes  bien  armées  et  bien  disciplinées,  la  Hongrie  ne  pouvait ­
  opposer  qu’une  vingtaine  de  mille  hommes.  Le  gouvernement  de  Pest
se  transporta  à  Debreczin,  au  cœur  du  pays  magyar;  et  pendant  que  Windischgraetz
  perdait  un  temps  précieux  dans  la  capitale  de  la  Hongrie,  Kossuth ­
  organisait  la  défense  avec  un  talent  et  une  activité  dont  on  trouve  peu
d’exemples  dans  l’histoire.
On  n’avait  pas  de  poudre;  on  en  fit.  On  n’avait  pas  de  canons;  on  en
fondit.  Il  y  avait  chez  ce  peuple  un  élan  sublime  d’héroïsme.
Kossuth  créa  les  régiments  de  la  légion  étrangère  et  les  fameux  bataillons ­
  de  Honveds  ou  Défenseurs  du  pays,  —  nom  que  la  milice  hongroise  a
conservé  aujourd’hui.
hn  Transylvanie,  le  général  Bern  avait  improvisé  une  petite  armée  de
dix  nulle  hommes  qui  faisait  des  prodiges.  Elle  battit  le  ban  Jellachich  et
1  obligea  de  reculer.  Bern  annonça  sa  victoire  dans  une  lettre  qui  ne  contenait ­
  que  ces  trois  mots,  modèle  d  harmonie  imitative  :
Bern  ban  bum  1  !

Enfin  les  Autrichiens,  démoralisés  par  toute  une  série  de  défaites  et  c
désastres,  ayant  perdu  a  Isaszeg  plus  de  six  mille  hommes,  trois  mille  dei
cents  prisonniers  et  sept  drapeaux,  harcelés  dans  leur  retraite  par  les  te
nbles  czikos,  ces  cavaliers  hongrois  armés  de  lacets  et  de  lanières  garni
de  plomb,  durent  se  retirer  vers  la  frontière  et  implorer  l’assistance  d
Russes.
Jellachich  revint  dans  les  Confins  militaires  épuisés  d’hommes,  et  q
"  ° ffraient  pas  méme  les  ressources  suffisantes  pour  l’approvisionneme
(  es  restes  de  son  armée,  que  décimaient  le  typhus  et  les  autres  maladie
Assailli  chaque  jour  par  les  bandes  hongroises,  il  attendit  de  longu
semaines  avant  de  reprendre  les  hostilités.
Le  4  juillet  18  49,  comme  il  s’était  avancé  avec  une  armée  de  quin
mille  hommes  au-devant  de  forces  beaucoup  supérieures,  R  fut  battu  da
es  plaines  d  Hagyes.  En  vain  il  s'élança  trois  fois,  le  sabre  au  poing,  à
ete  e  ses  soldats;  d  ne  put  entamer  les  bataillons  hongrois.
oui  encouiagei  les  siens,  il  se  tint  longtemps,  immobile  et  impassibl
exposé  directement  au  feu  de  l’artillerie.
^  ma J 01  com te  Hompesch  étant  venu  se  placer  devant  lui,  il  l’écarta
hi  main,  en  lui  disant  :
Je  ne  veux  pas  de  bouclier  entre  moi  et  l’ennemi.
1  G  est-à-dire  :  Bem  a  battu  le  ban.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.