DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
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A toutes ces troupes bien armées et bien disciplinées, la Hongrie ne pou
vait opposer qu’une vingtaine de mille hommes. Le gouvernement de Pest
se transporta à Debreczin, au cœur du pays magyar; et pendant que Win-
dischgraetz perdait un temps précieux dans la capitale de la Hongrie, Kos
suth organisait la défense avec un talent et une activité dont on trouve peu
d’exemples dans l’histoire.
On n’avait pas de poudre; on en fit. On n’avait pas de canons; on en
fondit. Il y avait chez ce peuple un élan sublime d’héroïsme.
Kossuth créa les régiments de la légion étrangère et les fameux batail
lons de Honveds ou Défenseurs du pays, — nom que la milice hongroise a
conservé aujourd’hui.
hn Transylvanie, le général Bern avait improvisé une petite armée de
dix nulle hommes qui faisait des prodiges. Elle battit le ban Jellachich et
1 obligea de reculer. Bern annonça sa victoire dans une lettre qui ne conte
nait que ces trois mots, modèle d harmonie imitative :
Bern ban bum 1 !
Enfin les Autrichiens, démoralisés par toute une série de défaites et c
désastres, ayant perdu a Isaszeg plus de six mille hommes, trois mille dei
cents prisonniers et sept drapeaux, harcelés dans leur retraite par les te
nbles czikos, ces cavaliers hongrois armés de lacets et de lanières garni
de plomb, durent se retirer vers la frontière et implorer l’assistance d
Russes.
Jellachich revint dans les Confins militaires épuisés d’hommes, et q
" ° ffraient pas méme les ressources suffisantes pour l’approvisionneme
( es restes de son armée, que décimaient le typhus et les autres maladie
Assailli chaque jour par les bandes hongroises, il attendit de longu
semaines avant de reprendre les hostilités.
Le 4 juillet 18 49, comme il s’était avancé avec une armée de quin
mille hommes au-devant de forces beaucoup supérieures, R fut battu da
es plaines d Hagyes. En vain il s'élança trois fois, le sabre au poing, à
ete e ses soldats; d ne put entamer les bataillons hongrois.
oui encouiagei les siens, il se tint longtemps, immobile et impassibl
exposé directement au feu de l’artillerie.
^ ma J 01 com te Hompesch étant venu se placer devant lui, il l’écarta
hi main, en lui disant :
Je ne veux pas de bouclier entre moi et l’ennemi.
1 G est-à-dire : Bem a battu le ban.