CHAPITRE VII
M. Qniquerez, ex-peintre particulier de S. A. le prince de Monténégro. — Son séjour et ses aven
tures dans la Montagne Noire. — La Marovska-Illica. — Une auberge rustique. — Le champ
de la foire. — Cuisine tzigane. — Le holo, danse nationale des Yougo-Slavés.
* J’étais dans le pays-de 1 im
prévu.
Le lendemain, lundi, j’avais
la surprise d’un marché aux
bestiaux, qui avait attiré dans
la capitale croate tous les pay
sans des environs et tous les
Juifs du pays. Quelle occasion
plus favorable de passer en revue les types et les costumes? Arriver dans
une ville un jour de marché ou de foire, ou dans un village un dimanche
ou un jour de fête, c’est une de ces bonnes fortunes qui sèment de roses le
chemin du vovageur et mettent des sourires et des rayons tout autour de
lui.
Avant d’aller sur la place du marché, ]e me rendis chez un jeune peintre
croate dont j’avais fait la connaissance la veille. Ma visite avait un but
intéressé : j’espérais décider M. Quiquerez à m accompagner, et obtenir de
lui des renseignements qui m aidassent à bien saisir le caractère du pays et
celui des habitants.
Je trouvai M. Quiquerez travaillant à l’esquisse d’un tableau historique ,
dans un petit atelier décoré avec goût d’armes monténégrines et de ten
tures orientales. Aux murs étaient accrochées quelques toiles excellentes,
des portraits dénotant une main sûre et un remarquable talent de coloiiste.
— Vous avez là, dis-je à M. Quiquerez, des types dune beauté énei
gique.
— Ce sont des chefs monténégrins et des prisonniers tuics.
— Vous avez été dans la Montagne Noire?
A la foire d’Ayram.