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LA HONGRIE, DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
droit à l’université de Tienne, et j allais passer mes examens, quand j’ai été
invité à rejoindre 1 état-major.
— Le village n est qu’à trois quarts d’heure de la gare. Voulez-vous
venir vous y promener avec moi ?
— Avec plaisir.
Il se leva en bouclant son sabre.
Nous prîmes à gauche une vraie route hongroise, large de quinze à vingt
mètres, sur laquelle trois attelages auraient pu aisément galoper de front.
Au haut de la montée, nous aperçûmes les premières maisons de Zakany
qui se cachaient derrière les arbres, mais pour mieux se montrer, comme
la bergère de Virgile. Je n’ai point vu de villages plus coquets et plus
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Types hongrois.
riants que les villages hongrois. Les maisons, enfouies comme des nids
dans la verdure, sont indépendantes les unes des autres : séparées par un
mur de terre blanchi à la chaux, ou par une palissade à claire-voie. Elles
n’ont qu’un étage, qui est de plain-pied avec une sorte de vérandah où,
l’été, toute la famille transporte ses lits pour dormir au frais. La porte se
trouve au fond de cette espèce de vestibule ouvert, ne donnant pas sur la
rue, mais dans une cour intérieure. Les toits sont recouverts de chaume,
et les façades de terre glaise badigeonnée des couleurs les plus gaies et les
plus tendres, iose the ou blanc d argent. Les croisées, peintes en vert,
ornées de rideaux brodés, garnies de pots de fleurs, sont si petites, qu’il
serait bien difficile d y passer doux têtes a la fois. — En automne, le long
des murs, pendent les feuilles vertes du tabac et les épis dorés du mais,
ces deux plantes dont les Turcs ont introduit la culture en Hongrie.
Les villages occupent des étendues immenses; vus de loin, on dirait un
camp. La large rue qui les traverse est bordée de beaux arbres qui répan
dent sur les passants une ombre délicieuse.