LA HONGRIE, DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
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équipage, traînant une file de barques, et des petits vapeurs qui se croisent
et s’entre-croisent, faisant la navette entre les deux rives, partant et reve
nant en filant d un vol rapide d’hirondelle.
Les quais sont bariolés de cette foule active que les premières heures du
jour ramènent sans cesse au même endroit : foule d’ouvriers en blouse de
travail, de femmes en cheveux, de demoiselles de magasin en chapeau,
passant gaiement et relevant coquettement leur robe; d’apprentis dégue-
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Le pont suspendu.
nillés, de gamins en flâne, de facteurs à leur première tournée, d employés
et de fonctionnaires municipaux promenant leur chien et leur ennui, ou
lisant le journal, avant d’aller s’enfermer dans un bureau.
A gauche, dans un fond de brume violette où le nouveau pont du chemin de
fer dessine son mince réseau de barres entre-croisées, des barques à voiles
prennent leur essor, rapetissées par la distance à la taille d’un cygne sauvage.
A droite, le pont suspendu qui relie Pest à Bude s’étend entre le ciel et
l’eau comme un grand filet; chevaux et voitures qui passent ressemblent à
des mouches multicolores et de grosseur différente, les unes attelées à une
coquille de noix, les autres allant seules ou deux à deux. Et au delà du pont,
les bosquets et les arbres de l’ile Marguerite brillent dans la lumière
blonde du matin comme sous une poussière de diamant.