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LA HONGRIE
ne lui doit obéissance. Aussi n est-il pas de couronne en Europe qui ait une
histoire plus mouvementée et plus curieuse. En 1-430, la reine Élisabeth,
dépourvue de ressources, la (il remplacer dans son coffret par une résille
du même poids, et la mit en gage, pour la somme de 2,800 ducats, chez
un de ses parents, Frédéric JII, empereur d Allemagne. Mathias Corvi n la
réclama en vain; il se vit obligé de faire la guerre à 1 impérial usurier ; enfin
Frédéric, battu, restitua la couronne, et le palladium de la Hongrie fut reçu
au milieu des fêtes et des réjouissances.
On rendit une loi qui ordonnait que la couronne serait enfermée désor
mais dans la forteresse de Visegrad et gardée par une escorte de soixante-
quatre hommes, et par deux hauts dignitaires choisis parmi les barons du
royaume. Lors de la seconde invasion des Turcs en Hongrie, Soliman s’em
para de Visegrad et des insignes royaux, qu’il donna à son protégé, Jean
Zapolyai. En 1 703 , la couronne de saint Étienne fut transportée à Vienne,
ou elle resta neuf ans; rendue à la Hongrie à la suite du traité de Szathmar,
elle fut de nouveau enlevée par Joseph 11 et détenue à Vienne comme une
prisonnière.
La Hongrie opposa alors à tous les décrets de 1 empereur autrichien une
résistance passive, et F empereur Joseph, au bout de sept ans d inutiles
efforts, dut se résigner, pour conjurer l’orage, à la rendre, et consentir à
se faire couronner roi de Hongrie.
Mais au moment où les canons du château de Ilude saluaient de cinq
cents coups le retour des insignes royaux, le monarque rendait le dernier
soupir à Vienne.
Joseph II, n ayant pas été couronné, n’est pas compté'au nombre des
rois légitimes de Hongrie.
En 18 48, les insignes royaux furent transportés à Debreczen, puis cachés
par Kossuth dans un pré, aux environs d’Orsova.
François-Joseph fut traité d’usurpateur tant qu’il n’eut pas ceint la cou
ronne de saint Etienne.
Sur la place du chateau de Ilude s’élève un monument d aspect religieux,
élevé à la mémoire du général Uentzi, tué en 18 48, en défendant la forte
resse contre les Hongrois.
Hentzi avait déjà bombardé Pest et Bude lorsque, le 15 mai, il fut bom
bardé à son tour par les batteries hongroises. Dès que la brèche fut assez
large, Goergey donna l’ordre aux honveds de monter à l’assaut. L’obscurité
était profonde, les bataillons s’avançaient en se glissant le long des mai
sons; mais aussitôt que les assiégeants se virent assaillis, la forteresse se