L’urchiduc Joseph, fils du grand palatin, a transformé l ile abandonnée
eu parc et en merveilleux jardins. Il l’a défrichée, il y a tracé des allées
et des chemins, il y a bâti des villas; et, à l’exemple de Moïse, il a fait
jaillir des sources. Il y vit toute l’année, non en législateur et en maître
comme le chef hébreu auquel je me suis permis de le comparer, mais en
ltobiuson. On le rencontre armé de sa longue pipe et de son parasol, heu
reux de n ôtre que le souverain de cette île de bosquets et de fleurs, et de
a avoir, pendant six mois, que des lapins et des lièvres pour sujets, beux
flui sont mécontents sont supprimés sous forme de gibelotte.
b ile Marguerite a dans la belle saison les verdures profondes, les allées
ombreuses, les pelouses veloutées et les grands arbres feuillus des parcs
anglais, et avec cela quelque chose qui rappelle davantage la France que
1 Angleterre : de l’animation, de la gaieté, des toilettes pleines de goût,
des éclats de rire, des rayons de soleil, des mélodies dansantes, et un
tramway! Oui, un véritable tramway qui va d’un bout de l île à l’autre, et
M’d déverse chaque dimanche des milliers de baigneurs dans les piscines
du bain Marguerite (Margarethenbad).
Les riantes perspectives de ces promenades ne sont gâtées par aucun
Sergent de ville planté comme un épouvantail; il y a dans le lacis de ces
allées sablées la liberté la plus grande : celle dont jouissent les écureuils et
les fauvettes sous le couvert des bois.
Le grand-duc Joseph a ouvert ce parc au public comme un petit para
dis terrestre. On y trouve tout ce qui manquait à l’autre : un hôtel, un
restaurant, une salle de danse, des terrasses où l’on dîne à l’ombre de
tonnelles de jasmin et de glycine, un orchestre de Tziganes, et des bains
de marbre ornés de glaces.
Lette île est le rendez-vous habituel du beau monde pendant 1 été. b est
la qu il faut aller si I on veut bien saisir le type de la beauté magyare. Ce
qui frappe chez les Hongroises, c’est moins la pureté des lignes que l’ex-
Iréme fraîcheur, la délicatesse du teint. Leurs grands yeux aux longues
paupières sont fendus à l’orientale, leurs lèvres sont de pourpre et leurs
dents d’ivoire. La chevelure est superbe, la taille élancée, le corps sou
ple, les attaches fines, les pieds cambrés et mignons. Vous reconnaissez une
Hongroise à sa démarche noble et pleine d’aisance. De tout sou être se dé
tache je ne sais quel parfum de gentillesse et de distinction. Les plus belles
appartiennent à la noblesse de Transylvanie. Dans le concours de beauté
plastique ouvert l’an dernier à Budapest, où tous les plus beaux produits
l'ominins de 1 Autriche-Hongrie vinrent se disputer la palme, ce fut toutefois
une jeune fille de cette ville, mademoiselle Coruélie Székely, <jni remporta