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DK L’ADRIATIQUE AU D ANU15E.
afin de montrer qu ils n’avaient pas peur, et que pour eux la mort était
préférable à la vie. On leur offrait leur grâce s’ils voulaient se faire maho-
métans. Les belduques riaient au nez de leurs bourreaux. Ces actes d hé
roïsme sont célébrés en vers splendides dans les chants populaires.
Souvent le belduque raconte comment il est arrivé à se faire brigand :
— Père, dit-il, c’est une dure nécessité qui m’a poussé. Peut-être le sais-
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Heiduques bosniaques.
tu; <piand Irène bâtit Smederevo, je fus appelé en corvée. Trois ans je
travaillai, traînant le bois et les pierres avec mon chariot et mes bœufs, et
pour ces trois années pleines, je ne reçus ni un denier, ni un para ; je ne
gagnai pas seulement des opanké pour mes pieds. Et cela, père, je 1 eusse
ein oie pardonné; mais, quand elle eut bâti la forteresse de Smederevo, elle
ï ecommença a construire des maisons, à en dorer les portes et les fenêtres,
et elle établit sur le pays un impôt, par chaque maison, de trois lit ras d or.
Cela, père, fait trois cents ducats. Qui avait du bien payait, et qui payait
restait. Pour moi, j étais un pauvre homme; je pris la pioche avec laquelle
I axais fait la corvée, et je partis pour me faire belduque ; mais, ne pouvant
me tenir dans le pays bas, je m’enfuis de l’autre côté de la Urina et ni en
fonçai dans la rocheuse Bosnie.