Full text: La Hongrie de l'Adriatique au Danube

78 
LA HONGRIE 
entre l’Autriche et la Hongrie en 1867. Tandis que les Roumains, les Serbes 
et les Slovaques attendent encore leur émancipation politique, les Croates 
jouissent d’une autonomie dont ils auraient mauvaise grâce de se plaindre. 
Les Hongrois ne les entravent plus en aucune façon dans le développe 
ment de leur langue et de leur littérature nationales. 
— Si nous étions sous la patte des Allemands, me disait un professeur de 
T Université d’A grain, c’est alors que nous pourrions crier à l’oppression 
des nationalités! 
Les Croates gèrent eux-mêmes, dans leur capitale, tout ce qui concerne 
l’instruction publique, la justice, les cultes et les finances locales. Ils n’ont 
de commun avec les Hongrois que les affaires commerciales, et tout ce 
qui a trait aux voies de communication. Le ban est investi des pouvoirs 
d’un chef d’État, responsable devant la Diète d’Agram. Quant aux députés 
que celle-ci envoie au parlement de Budapest, ils ont le droit d’y parler 
leur idiome. Le pacte de 1867 n’a maintenu entre les deux pays que le lien 
historique qui les unit depuis la fin du onzième siècle. 
Il ne faut pas quitter la ville haute sans aller voir le Musée des antiquités 
et le Muséum d’histoire naturelle. La faune croate est une des plus riches 
que je connaisse. Combien j’ai regretté de n’avoir pas eu le temps d’aller 
chasser sur les bords de la Save l’ibis noir, l échasse blanche, le cygne noir, 
la spatule blanche, la macreuse, la grèbe huppée, le pélican et l’aigrette 
blanche ! 
On trouve également en Slavonie l’ours et l’aigle impérial. Le jeune 
archiduc Rodolphe, qui est un chasseur passionné, est venu l’an dernier, 
en compagnie du professeur Brehm, avec lequel il prépare une monographie 
des aigles, leur donner la chasse dans les Confins. 
On sait que l’aigle impérial, plus faible que l’aigle fauve et moins agile 
<pie l’aigle doré, niche sur les arbres, dans le voisinage des lieux habités, et 
souvent même sur le sol. Sur les bords de la Save, il se nourrit d’oiseaux 
aquatiques, qu’il prend en revenant sur eux sans relâche jusqu’à ce qu’ils 
n’aient plus la force de plonger. Il s’élance aussi sur le faucon, auquel il 
arrache sa proie. 
Dans la cité basse, groupée au pied des deux collines sur lesquelles 
s’élèvent, d’un côté l’église Saint-Marc, avec son toit bariolé de tuiles de 
couleur, et de l’autre la cathédrale, enfermée dans son enceinte crénelée, 
flanquée de quatre grosses tours, tout indique une nouvelle ville en forma 
tion. Les boutiques prennent des airs de magasin, les rues sont bordées de 
trottoirs, les places sont transformées en jardins anglais ou ornées de 
quelque monument.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.