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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
ment de Piura, le plus septentrional du Pérou, et en par
ticulier sur la province de Tumbes, qui est située sur le
golfe de Guayaquil et qui forme la limite du Pérou et de
l’Equateur. Cette région nous paraît susceptible d’être le
centre d’exploitations diverses des plus rémunératrices.
XIII. — Le territoire de la province de Tumbes com
prend en superficie, plaines, collines et montagnes,
300.000 hectares, desquels 150.000 hectares en terrains
plats peuvent être facilement irrigués (1). La région mon
tagneuse et accidentée peut être réservée pour l’élevage
du bétail et pour l’extraction des bois de construction et de
teintures qui y sont extrêmement abondants, au point que
l’établissement d’un chantier dans le port de Tumbes
serait une opération avantageuse.
XIV. — Parmi ses arbres les plus abondants sont le
chêne (roble), le charme (charan), lepechiche, l’acajou, le
bois de fer, l’oranger, le palmier, l’acana, le cannetier, le
rosisella, le bois violet, le buis, l’aulne, le chonta, l’œuf
végétal, l’arbre de la tagua, le bois noir, le bois jaune, le
caroubier, le manglier et une foule d’autres essences
pour la teinture.
La province de Tumbes est arrosée par le rio de ce
nom qui est avec le Ghira la plus importante des rivières
de la Costa.
Ce fleuve est navigable de novembre à mai, pour des
bateaux ne calant pas plus de quatre à six pieds, sur une
étendue de 100 kilomètres ; le reste de l’année, la partie
navigable est réduite des trois quarts ; des vapeurs ne ca
lant pas plus de 50 à 60 centimètres pourraient cependant
utiliser les deux tiers de son cours.
(1) D’après des personnes compétentes, l’irrigation de cetteplaine serait
de facile réalisation, les frais occasionnés s’élèveraient à ISO.000 livres
pour toute la région, ce qui ferait une livre sterling par hectare.