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L’INDUSTRIE COTONNIÈRE EN ALLEMAGNE
cette conclusion certaine que les salaires dont nous allons
nous occuper, joints aux bénéfices que l’ouvrier retire
d’une quantité d’institutions philanthropiques, sont satis
faisants, eu égard aux conditions de la vie.
Répétons aussi ce qui a été dit ailleurs, à savoir que
la durée du travail qui était légalement de 11 heures, a
été abaissée à 10 heures depuis le 1 er janvier 1906 dans
la plus grande partie de l’industrie cotonnière de la Ba
vière, mais surtout de la Souabe, non par une loi ou un
décret, pas davantage par suite de grèves, mais tout
simplement par la bonne volonté des industriels. Les
salaires des journaliers ont été maintenus pour dix heu
res de travail, tels qu’ils étaient pour 11 heures, et les
tarifs aux pièces ont été augmentés de 10 %. — Il est
bon de remarquer que les établissements cotonniers de
la Souabe, presque tous anciens, pourvus de force hy
draulique abondante, largement amortis, possesseurs
pour la plupart de puissants fonds de réserve, sont dans
une situation particulièrement avantageuse qui leur
rend ce sacrifice plus facile. liest compréhensible que
les filateurs et tisseurs d’autres parties de l’Allemagne,
d’installation plus jeune et placés dans des conditions éco
nomiques moins favorables, aient réservé pour plus tard
leur adhésion, et que cette première expérience du tra
vail de dix heures ail été mise en train par la Souabe.
Les tableaux suivants donnent les salaires de 1903 en
filature et en tissage avec comparaison des salaires payés
en 1893 par ces mêmes établissements.