CHAP. IV. — DU PRIX NATUREL ET DU PRIX COURANT.
63
CHAPITRE IV.
DU PRIX NATUREL ET DU PRIX COURANT.
Nous avons regardé le travail comme le fondement de la valeur des
choses, et la quantité de travail nécessaire à leur production, comme
la règle qui détermine les quantités respectives des marchandises
qu’on doit donner en échange pour d’autres ; mais nous n’avons pas
prétendu nier qu’il n’y eût dans le prix courant des marchandises
quelque déviation accidentelle et passagère de ce prix primitif et
naturel.
Dans le cours ordinaire des événements, il n’y a pas de denrées
dont l’approvisionnement continue pendant un certain temps à être
précisément aussi ahondant que l’exigeraient les besoins et les dé-
Hi’s des hommes, et par conséquent il n’y en a pas qui n’éprouvent
des variations de prix accidentelles et momentanées.
Ce n’est qu’en raison de pareilles variations que des capitaux sont
consacrés précisément dans la proportion requise, et non au delà, à
la production des diiTérentes marchandises pour lesquelles il y a de
mande. l’ar la hausse ou la baisse du prix, les prolits s’élèvent au-
dessous de leur niveau général, et par la les capitaux se rapprochent
ou s’éloignent des industries qui viennent d’éprouver l’une ou l’autre
de ces variations.
Chacun étant libre d’employer son capital comme il lui plait, il
est naturel qu’il cherche à le placer de la manière la plus avauta-
geuse; il ne se contentera pas d’un prolit de 10 pour cent, si, par
un autre emploi, il peut en tirer 15 pour cent. Ce désir inquiet, qu’a
tout capitaliste, d’ahandonner un placement moins lucratif pour un
autre qui le soit davantage, tend singulièrement à établir l égalité
dans le taux de tous les profits, ou à en fixer les proportions de
telle sorte que les individus intéressés puissent estimer et compenser
entre elles tout avantage que l’un aurait ou paraîtrait avoir sur l’au
tre. 11 est peut-être assez difficile de retracer la marche par laquelle ce
c rangement s’est opéré ; cela tient probablement à ce qu’un manu-
acturier ne change pas absolument l’emploi de son capital, et sc