LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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années les efforts des derniers gouvernements se ralentirent
quelque peu et se portèrent sur la construction du chemin
du Pichis qui, suivant quelques-uns, devait servir de voie
d'écoulement aux productions de la région traversée par
cette route. Jusqu’à nouvel ordre, ces espérances ne se
sont pas non plus réalisées; il est vrai que sur la dernière
partie de son parcours, ce chemin a été construit avec
tant de hâte et d’une façon si provisoire que la végétation
en reprend bien vite possession et que le plus souvent ce
n’est plus qu’un sentier défoncé par les pluies et obstrué
par les troncs d’arbres écroulés.
II. —Considérant qu’il est indispensable de veiller à la
conservation de cette route, et de développer son trafic
en favorisant la colonisation de cette contrée, le gouver
nement distribue gratuitement des concessions à tous
ceux, nationaux ou étrangers, qui en font la demande,
aux seules conditions suivantes :
Les concessionnaires s’engagent à se fixer avec leurs
familles et à établir leurs fermes en formant de petites
colonies reliées entre elles, sur la partie construite ou à
construire de la route allant au Pichis; chacun d’eux
pourra prendre un lot de 20 hectares, en se soumettant
au tracé qui sera fait par ordre de la direction des Tra
vaux publics. Les concessionnaires s’engagent en outre
a conserver en tout temps la route en bon état pour le
passage des bêtes, sur un parcours déterminé ; à établir
f°us les 40 kilomètres un tambo (auberge) où les voya
geurs pourront trouver à juste prix un logement pour
eux et du fourrage pour leurs bêtes, tout en disposant
librement des pâturages de cet endroit.
En compensation de ces obligations, le gouvernement
cède en toute propriété à chaque famille le lot de 20 hec
tares déjà mentionné, il fournit au colon des moyens de