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certaine atténuation cependant. Le marché intérieur de la France,
disait-il, est « un des plus beaux du monde il représente un
revenu annuel de 34 milliards environ » L Mais au cours des
débats, le rapporteur général ne maintint pas ce chiffre, et il donna
pour l’ensemble de la production nationale celui de21 à 24 milliards 1 2 .
Ce chiffre est à peu près celui que les statisticiens donnent habituellement
comme exprimant le revenu total des Français. Je dis le
revenu et non la production; mais les deux choses ne peuvent pas
être extrêmement différentes puisque, réserve faite de ce que d’une
part une fraction de la production française va à l’étranger et de ce
que d’autre part une fraction de la production étrangère vient en
France, la production nationale forme le revenu qui se répartit
chaque année entre les classes sociales. M. Colson, résumant les
travaux antérieurs, donne pour le total des revenus le chiffre de
25 milliards. Il a soin d’ailleurs d’insister « sur la gravité de
l’erreur que l’on commettrait si l’on attribuait aux chiffres ci-dessus
un caractère de certitude qu’ils n’ont nullement, et si on les considérait
comme autre chose qu’une indication sur l’ordre de grandeur
du revenu national et de ses divers éléments. Au lieu de dire que
le total est de 25 milliards, il serait plus juste de dire qu’il paraît
compris entre 20 et 30 milliards » 3 .
Nous pouvons donc accepter, comme indication générale, le
chiffre que donnait en 1891 pour la production nationale le rapporteur
de la commission des douanes. La production serait de 21 à
24 milliards; quant à l’exportation, elle s’élève à un chiffre de 3 à
4 milliards environ et représenterait par conséquent de 44 à 40
p. 100 de la production.
Ce raisonnement se rattache à une préoccupation qu'avait soulevée
la réforme du régime douanier. Que deviendraient les industries
d'exportation? Les partisans de la réforme, tout en protestant
qu’ils ne voulaient point leur morl.et qu’ils souhaitaient au contraire
leur plus grande prospérité, avaient souci de démontrer qu après
tout, s’il fallait sacrifier quelque chose, mieux valait que ce fût
l’exportation que la production pour le marché national, celle-ci
étant considérée comme incapable de subsister sans rehaussement
des tarifs. D’où la comparaison qui précède, destinée à faire ressor-1
Chambre des députés, session ord. de 1891, annexe n° 1257.
’ J. Off. du 13 mai 1891, Ch. des députés. Débals, p. 868, col. 1.
3 Cours d’économie politique, II, p. 303-304.