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ÉTUDE SUR LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE
balance des comptes internationaux. Un exemple classique s’en
trouve dans les opérations auxquelles a donné lieu le paiement de
l’indemnité de guerre due par la France à l’Allemagne F On pourrait
avoir la pensée que nous avons réglé, par l’abandon aux pays
créanciers d’un certain nombre de titres, la dette globale que, de
1881 à 1902, laissent à notre charge les échanges extérieurs : nous
aurions payé en titres au lieu de payer en numéraire.
Mais ceci encore est contraire aux faits. Dans les travaux publiés
à l’occasion du Congrès international des valeurs mobilières tenu à
Paris en 1900, le capital des valeurs étrangères circulant en France
a été évalué aux chiffres suivants 1 2 .
Au 31 décembre 1869 ... 10 milliards de francs.
Au l ar juillet 1880 15 » »
Au I»"" juillet 1890 20 » »
Au 31 décembre 1900 ... 27 » »
La collectivité française a donc, de 1880 à 1900, augmenté de
12 milliards sa créance sur les collectivités étrangères. Il est vrai
que des chiffres de ce genre ne peuvent être qu’approximatifs,
comme le reconnaît l’auteur même du Mémoire dans lequel
ils sont puisés. Il est vrai encore qu’il faudrait tenir compte
des valeurs mobilières françaises acquises dans la même période
par des étrangers, et ici on ne peut guère risquer un chiffre, même
par à peu près; mais il n’est pas douteux que le montant n’en est
pas considérable ; nous plaçons de l’argent à l’étranger beaucoup
plus que les étrangers n’en placent chez nous; nous sommes, avec
l’Angleterre, les plus grands prêteurs d’argent du monde. Ft
d’ailleurs il y aurait lieu d’ajouter aux valeurs mobilières étrangères
que nous possédons ceux de nos placements à l’étranger qui ne
revêtent pas la forme de titres négociables : commandites ou parts
d’associé dans les entreprises situées à l’étranger, exploitations
rurales, etc Bref, nous sommes gros créanciers du reste du
monde, et, dans la période 1880-1900, notre créance en valeurs
mobilières, pour ne parler que de celle-là, s’est largement accrue.
C’est encore un fait incompatible avec l’idée d’un endettement
1 Léon Say, Rapport sur le. paiement de l’indemnité de guerre (inséré à la suite
de la traduction française, 2« édit., de la Théorie des changes étrangers, de (loschen).
2 Mémoire de M. Edmond Théry sur « Les valeurs mobilières en France ».