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ti8 le prohlème de la marine marchande.
craulrc part, la perspective d’un pain plus élevé ne rem
porte pas en pénéral, surtout chez nos populations du Midi,
sur la crainte de produire trop de travail et de voir peu à
peu aupmenter les exigences des chefs de travaux.
« Ces faits sont en général bien connus des armateurs ;
aussi ne saurait-on nous reprocher de tenir nos prix élevés
pour en tirer un large bénéfice ; on se borne à constater
notre infériorité en Texpliquant parfois d’une manière vague
par l’élévation de nos frais généraux, mais sans jamais indi
quer d’une manière précise un ordre de dépenses (jui pour
rait être réduit ou supprimé. Nous luttons contre des diffi
cultés nées de la force des choses, de notre situation
géographique, de l’état général de notre industrie, de la
disposition d’esprit de nos populations. D’autres industries
sont dans des conditions analogues, et le Gouvernement
assure leur existence par une protection judicieusement
proportionnée ; pourquoi n’en serait-il pas de même de l’in
dustrie des constructions navales, pourquoi se borne-t-on à
conclure que, puisque les navires sont moins chers en Angle
terre, il faut fermer les chantiers français et donner à l’ar
mateur la faculté d’acheter les navires anglais au prix anglais
et lui donner, de plus, une prime pour lui permettre de lutter
avec un concurrent étranger !
« Car, si ce n’est pas là le but avéré des partisans de la
revision de la loi de i8g3, il n’est pas douteux que telle
serait la conséquence forcée de la mesure proposée par eux.
« L’Angleterre est devenue le marché du monde entier
pour les navires. Les chantiers y foisonnent, le mot n’a rien
d’excessif, ce qui leur a permis de se spécialiser. Chacun
d’eux ne fait qu’un petit nombre de types de bâtiments, tou
jours les mêmes et ils arrivent à les produire à un bon mar
ché incroyable.
« Chez nous, au contraire, les chantiers sont obligés, en