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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
(i) Rapport de M. E. l’ertjeliiie, délibération du 22 féviier igoi.
Tels sont les traits essentiels de la loi projetée pour venir
en aide à la marine marchande.
Aux armateurs, elle permettra, pensent ses promoteurs,
l’achat occasionnel et la mise en ligne, en cas de besoin
urgent, d’un navire construit à l’étranger; elle leur fournira
en outre, par le relèvement de la perception de la prime
dans les premières années, les capitaux nécessaires pour
se libérer rapidement vis-à-vis de la construction.
Aux chantiers français, elle laissera, disent-ils, la possibi
lité de lutter efficacement contre la concurrence étrangère,
par le maintien des primes à la construction et l’améliora
tion introduite dans la situation des steamers.
Cependant, malgré toutes ces apparences favorables, l’en
tente qu’elle prétendait consacrer entre l’armement et les
chantiers, sur le terrain de la compensation d’armement,
ne s’est pas maintenue. La plupart des constructeurs ont
depuis longtemps dénoncé l’accord précaire que le rapport
de M. Estier présentait comme accompli. Le Comité des
Forges de France s’est joint à eux, entraînant à sa suite
nombre de chambres de commerce : celles d’Avesnes, de
Valenciennes, Saint-Etienne, Saint-Dizier, Blois, meme
celle, de Nantes, qui, après avoir donné son approbation à
la compensation d’armement, se déclare aujourd’hui dans
l’impossibilité d’accepter les dispositions consacrant cette
mesure ('). Au Parlement même, M. Rispal a déposé un
contre-projet qui maintient, en se contentant de l’améliorer
au point de vue des vapeurs, le régime de la loi de i8g3.
La métallurgie, im^uiète pour les 2 5 millions de fers et
d’aciers qu’elle fournit par an aux chantiers, engage une
véritable croisade contre la compensation d’armement, au
nom de l’intérêt patrioti([ue. Elle affirme que l’allocation