i38
LE PROIJLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
navire— c’est le premier qui fera la moins brillante affaire.
L’assurance, d’autant plus élevée (pie les risques d’avaries
ou de perte totale seront plus grands, les frais d’entretien (')
et d’exploitation, d’autant plus onéreux (pie l’outil de tra
vail sera plus défectueux, le mettront en état d’infériorité
sensible vis-à-vis de son concurrent .
L’armateur ne se préoccupera donc pas uniipiement du
bas prix du navire. 11 cherchera neuf fois sur dix à acquérir
un instrument de transport présentant un ensemble de qua
lités (pii sont le gage d’une bonne production. Reste à
savoir s’il le trouvera, chez nous, à un prix raisonnable :
c’est, nous l’avons vu, le fond du débat (pii n’a cessé de
mettre aux prises les armateurs et les constructeurs.
A quels chantiers l’armateur pourra-t-il s’adresser en
France ? Écoutons M. Bernard, président de la commission
nantaise de navigation à vapeur:
(( Nous avons, dit-il, en France, pour la construction des
grands navires de commerce, les chantiers ci-après :
« 1° A la Ciotat, les Messageries maritimes qui ne cons
truisent que pour leurs besoins particuliers ;
« 2° A Saint-Nazaire, la Compagnie générale transatlan
tique qui travaille principalement pour sa Hotte et n’a jiis-
(pi’ici, si je ne me trompe, construit qu’un croiseur pour
notre marine de guerre et un voilier;
« 3" A Bordeaux, les chantiers de la Gironde qui semblent
vouloir se spécialiser dans la construction des navires de
guerre ;
« 4° A Nantes, un chantier qui construit des voiliers d’un
(1) l’our un vapeur de type coinmerrial, la dé[)ense d’entretien en France ne peut i)as-
être estimée à moins de i5 fr. par tonne de jauge brute par an (le chillre de 20 fr. se
rait beaucoup plus près de la vérité). Elle est en Allemagne et en Angleterre inférieure
à 5 fr. (Rapport de M. Henri Estier.)
(2) Commission extraparlementaire, séance du 18 février iJgS.