PRÉFACE.
XI
du passage triomphal du Napoléon remontant le courant
des Dardanelles devant la Hotte anglaise impuissante.
La première, la France a introduit dans ses formations
de combat ces frégates cuirassées, du type Gloire, dont
l’apparition a été le signal d’une révolution maritime.
La première encore, dans ces derniers temps, elle a
résolu d’une façon victorieuse le problème, longtemps
regardé comme insoluble, de la navigation sous-marine.
Elle n’est donc pas incapable des travaux de la mer.
Elle en a, au contraire, le goût, l’instinct, le génie.
Grande est cependant sa torpeur actuelle, pour ne pas
dire sa décadence. 11 faut bien l’avouer : la vérité est
toujours utile à entendre. Sa situation maritime est
devenue lamentable. Ses grands ports de commerce
meurent d’anémie. Le régime protectionniste, poussé
à outrance, leur a porté le dernier coup. Gênes s’enri
chit aux dépens de Marseille; le Havre, tant au point
de vue du mouvement des navires qu’au point de vue
du tonnage, est dépassé non seulement par Liverpool,
Southampton, Hambourg, Anvers, Brême, etc., mais
encore par le petit port hongrois de l’Adriatique,
Fiume. Le croirait-on? Fiume, qui n’était rien il y a
quelques années, fait, aujourd’hui, un commerce plus
important que le Havre! Le Norddeutscher Lloyd et la
Hamburg Amerika ont conquis le port de Cherbourg.
Ils s’y sont installés en souverains. Cherbourg est en
train de devenir un port allemand. Les lignes alleman
des de l’Amérique du Nord réalisent des vitesses que