LES CHANTIERS FRANÇAIS.
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i,Go5,229 tonnes. Nantes suit iden(i(jiiement A/, meme pro
gression : son tonnage, de 348,256 tonneaux en 1870, passe
à 1,176,182 en 1899.
La solidarité d’iiitérôts dont témoignent ces chiffres montre
que travailler à la grandeur de l'une des deux cités, c’était
travailler à la prospérité de l’autre. Les pouvoirs publics
l’ont bien compris et leur impartial effort s’est appliqué à
développer les facilités d’accès des deux ports de la basse
Loire. Si Nantes est à la veille de grands travaux, Saint-
Nazaire voit s’accomplir chez elle une transformation pro
fonde. Son port — autrefois chétif et misérable — mainte
nant élargi, est divisé en deux parties : le bassin à flot et le
bassin de Penhouët. Le bassin à flot, d’une superficie de
10 hectares et d’un mouillage de 6^,20 à 7’",5o en morte
eau, va être approfondi à 8'",5o ; le bassin de Penhouët,
ouvert au commerce le 8 mai 1882, après dix-huit ans de
travaux, offre à la navigation une superficie de 22 hectares.
Enfin, une nouvelle entrée, dans l’axe meme du bassin de
Saint-Nazaire et dont les travaux (en y joignant les dernières
modifications adoptées) coûteront 12 millions de francs,
éventre l’ancien et pittoresque village de pécheurs pour
donner avant peu un passage direct et commode aux navires
à grand tirant d’eau venant de la haute mer.
Dans l’espoir d’un trafic et de destinées heureuses qu’elle
escompte, Saint-Nazaire s’étend et s’agrandit. Elle jirend un
air de prospérité (pii frappe et charme le voyageur. Des
maisons aux façades blanches et gaies, aux jolies toitures
neuves, envahissent les abords de la plage. Ce n’est pas en
core une grande cité ; mais c’est déjà une ville importante.
Les chantiers de constructions navales constituent d’ail
leurs un facteur important de son activité.