LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
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LES CHANTIERS DE PENIIOUËT.
Il existe deux grands chantiers de constructions navales à
Saint-Nazaire : les chantiers de Penlioiiëf et ceux des Ate
liers et Chantiers de la Loire. Leur production tient une
assez large place dans Tenseinhle de la construction française,
puisqu’elle s’est élevée en 1898 à 10,966 et en 1899 à 27,614
tonnes.
Les chantiers de Penhouët, fondés les premiers, ont long
temps a[)partenu à la Compagnie transatlantique. Celle-ci
vient de passer la main à une société anonyme — mais con
serve dans l’affaire de gros intérêts et s’est même réservé
dans le traité de cession un certain nombre de droits, no
tamment, m’a-t-on affirmé, celui de fournir le charbon aux
chantiers.
Le personnel ouvrier employé dans l’établissement de
Penhouët varie suivant les commandes en cours d’exécution ;
en mai 1900, quand s’achevait la Lorraine il s’élevait à
4,5oo personnes ; il a baissé depuis et ne dépasse pas 3,100
ouvriers.
Sur les cales se dressaient — au moment où je les visitai
en compagnie de l’ingénieur distingué qui dirige l’établis
sement, M. Lamies — les carcasses de plusieurs voiliers en
cours de construction ; les ateliers travaillaient à la machi
nerie d’un grand croiseur cuirassé, le Léon-Gamhetta, qui
doit être mis à l’eau avant la fin de l’année courante, et à
celle du paquebot la Savoie, lancé le 3i mars 1900 et qui
va bientôt accomplir sa première traversée de l’Océan.
(i) La Lorraine est an superbe bâtiment à deux hélices, d’une longueur totale de
i77n>,5o, ayant un tirant d’eau moyen de 7“,75 avec un déplacement de i5,3oo tonnes
et une jauge brute de ii,5oo tonnes; ses machines développent 22,000 chevaux et ont
fourni 22 nœuds aux essais. C’est le plus récent et le plus beau paquebot de la flotte
de la Transatlantique qui possède 5g navires jaugeant au total 63,254 tonneaux brut, et
mus par 170,550 chevaux de puissance.