(i) Numéro du 21 janvier 1901.
LES CHANTIERS FRANÇAIS. l'J^
merce a pris à sa charge la moitié de la dépense, dont l’État
assumerait l’antre moitié. Entre temps, elle a en soin de
renforcer son outillage par l’installation, an bas de l’avenue
Pasteur, d’une nouvelle machinerie occupant 1,200 mètres
carrés de superficie et disposée de façon à pouvoir alimenter
vingt grues sans qu’il soit besoin d’étendre le bâtiment.
Pour le moment, l’outillage du port se trouve augmenté
de 10 grues, dont 9 de 1,260 kilogrammes de puissance, et
une à double puissance, de 1,260 à 2,600 kilogrammes.
Au moment du débarquement des wagons des compagnies
de chemins de fer russes, destinés à figurer à l’Exposition
universelle et amenés par le vapeur Eina^ les grues de 3o ton
nes dont le port disposait avaient failli être insuffisantes.
Pareil inconvénient sera désormais évité par la construc
tion d’une grue de 80 tonnes de puissance.
Ce n’est pas tout : les Roiiennais, prévoyants et sages,
préoccupés non seulement du présent, mais encore de l’ave
nir, ne sauraient borner leur ambition à l’exécution de ces
travaux en quelque sorte «conservatoires». Ils rêvent de
projets plus vastes ; mon très distingué confrère et ami, Jules
Eafond, directeur du Journal de Rouen, réclame l’établis
sement (*) d’immenses bassins à flot destinés à recevoir les
navires larges, de faible tirant d’eau — qui tendent à se
substituer aux navires étroits et profonds — et à les mettre
à l’abri des accidents que peuvent occasionner les fortes
marées de vive eau.
M. Lafond propose de creuser ces bassins « dans la vaste
étendue des prairies Saint-Gervais, où l’on peut encore
tailler en plein drap et où l’on trouve, grâce à la rivière,
une source d’alimentation qui supprime toutes les difficultés
qui se sont produites ailleurs ». L’avantage d’une pareille