Full text : Le problème de la marine marchande

4  LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.
rompt  le  joug  pesant  des  résignations  ataviques  et  se  hausse
enfin  jusqu’au  sentiment  élevé  de  la  justice  sociale.
La  volonté  et  la  liberté  du  prolétariat,  longtemps  courbées ­
  devant  la  toute-puissance  capitaliste,  se  redressent  par
la  force  bienfaisante  de  l’association  et  l’établissement  du
marché  collectif,  préludes  d’évolutions  plus  profondes  et
sans  doute  de  la  suppression  même  du  salariat.
L’antique  forme  du  commerce  intérieur,  borné  aux
échanges  dans  un  rayon  restreint,  local  ou  régional,  a  disparu. ­
  A  la  voie  de  communication  primitive,  au  fleuve,  puis
à  la  route,  se  sont  ajoutés,  par  le  génie  de  notre  espèce,  les
canaux,  les  chemins  de  fer,  la  navigation  à  vapeur.  La  notion
de  l’impossible  a  disparu.  Des  travaux  gigantesques  fraient
un  passage  à  l’instrument  de  transport  à  travers  les  continents, ­
  trouent  les  montagnes,  enjambent  les  vallées,  coupent
les  isthmes.  Le  négoce,  stimulé  par  la  facilité  de  locomotion, ­
  ayant  à  son  service  le  temps  et  l’espace  par  le  télégraphe ­
  et  le  téléphone,  s’est  internationalisé  :  Londres,
New-York,  Paris,  Berlin,  Buenos-Ayres,  Sydney  concluent
en  quelques  heures  et  en  quelques  mots  rapidement  câblés
des  marchés  formidables.  Le  commerce  ne  connaît  plus  de
frontières,  plus  de  distances  :  il  est  devenu  l’aliment  de  vie
et  la  source  de  richesses  de  l’humanité,  à  laquelle  il  est
aussi  nécessaire  pour  se  développer  que  l’oxygène  pour  respirer. ­

En  incitant  les  hommes  à  l’échange,  il  les  pousse  à  fuir
leur  isolement,  à  se  chercher  les  uns  les  autres,  à  se  rapprocher, ­
  et,  les  ayant  unis  par  les  mille  liens  de  la  solidarité ­
  économique,  il  les  fait  se  connaître,  fraterniser  et,  partant, ­
  s’estimer.  Ainsi  l’homme  cesse  d’être  un  loup  pour
l’homme  ;  dans  l’inévitable  lutte  pour  l’évolution,  qui  est
son  lot,  du  moins  n’apporte-t-il  plus  la  sauvage  et  primitive
barbarie  du  conquérant;  c’est  à  l’ingéniosité,  à  l’invention,
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.