222 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
à voiles une flotte de grands cargo-boats construits très éco
nomiquement et dont la vitesse varie entre g et 12 nœuds.
La flotte de pèche s’est transformée dans les mêmes
conditions. Les voiliers disparaissent devant les chalutiers
à vapeur. En i8g8 il avait été construit 222 de ces petits
steamers : en 1898, on en construisit 2i3 dont quelques-
uns pourvus de machines réfrigérantes perfectionnées.
La flotte à vapeur de concurrence s’est accrue de puis
santes unités ; Ci steamers d’un tonnage supérieur à 6,000
tonnes et dont la moitié atteignent même 8,000 tonnes ont
été construits; ils appartiennent pour la plupart aux compa
gnies qui assurent des services réguliers : les tramps^ vapeurs
errants à la recherche du fret, pratiquant la « cueillette », et
que lancent des sociétés particulières ayant à leur tête des
managers, passent en 1899 du premier au second rang.
Les trois plus grandes coques lancées en 1899 furent celles
àùVOcéaniCj de 17,274 tonnes et de 27,000 chevaux indi
qués, appartenant à la White Star Line, service de Liverpool
à New-York, de Vluernia et de la Saxonia, de i5,5oo ton
nes et de 12,000 chevaux.
Viennent ensuite le Minneapolis, le Saxon et le Persic,
dont le tonnage varie entre 18,900 et 11,900 tonneaux.
Conditions économiques. — La prospérité de la construc
tion anglaise en 1899 est d’autant plus frappante que les
conditions économiques au milieu desquelles elle s’est pro
duite paraissent au premier abord la moins justifier. Durant
tout le cours de cette année, en effet, les matières premières
ont été très chères ; depuis les grandes grèves qui ont eu
lieu, en 1898, dans les houillères du pays de Galles, les
stocks de combustible n’ont jamais été reconstitués entière
ment. Le charbon a atteint des prix élevés, comme d’ailleurs
le fer et l’acier. M. Nicault, consul de France, à Newcastle,
signalait qu’en décembre 1899, la valeur des barres de fer