LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
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Le lit de la rivière n’alteifjiiait pas quarante centimètres à
marée basse au moment où les travaux d’approfondissement
furent commencés en 1773. Le célèbre James Watt l’ayant
mesurée en 17G9 trouva, en certains endroits du port, le
fond à 37 centimètres (').
Les inqénieurs John Golborne, John Rennie, Thomas
Telford, Walker, dont Glasgow vénère à juste titre la mé
moire, se mirent successivement à l’œuvre et leurs magnifi
ques travaux parvinrent à donner à la Clyde une profondeur
de 8 mètres sur une largeur utile de i5o. Près de 120 mil
lions ont été dépensés pour ce résultat d’autant plus diffi
cile à atteindre que la rivière charrie beaucoup de limon ;
Glasgow, en accomplissant ce mémorable effort, y a gagné
de devenir la grande tète de ligne des États-Unis, du Ca
nada, de l’Australie, des Indes, de l’Afrique du sud, un
entrepôt commercial et maritime de premier ordre, enfin un
centre de chantiers extrêmement florissants.
Près de deux millions d’habitants se pressent sur ce coin
d’Écosse ; Glasgow en compte pour sa part environ 800,000 ;
les pavillons de toutes les nations circulent sur les eaux jau
nâtres de son port, incessamment sillonnées par des navires
de tous tonnages.
Glasgow n’est pas une ville de plaisir ; son climat, pluvieux
et humide pendant sept mois de l’année, n’incite la po
pulation qui l’habite ni aux flâneries ni aux longues pares
ses où se complaît trop souvent notre existence latine. C’est
par excellence la cîV// of business ; le gentleman désœuvré est
rare dans la rue : le financier, le grand commerçant, l’indus
triel restent enfermés dans leurs bureaux, jusqu’au moment
où, leur travail achevé, ils regagnent en hâte, l’hiver, leur
(i) A travers U Angleterre industrielle et commerciale, par Édouard Deiss. Librairie
Guillaumin et C«.