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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
iiiterventioii de notre distingué consul, M. Nicanlt, m’a per
mis de réaliser ce désir. Muni d’une lettre de recommanda
tion qu’il avait bien voulu me remettre, je me suis présenté,
un samedi matin, à la direction de cet énorme établissement.
J’y ai trouvé, je l’avoue, un accueil un peu dillérent de
celui des autres chantiers. Alors qu’on entre, d’ordinaire,
sans grande difficulté dans la plupart de ceux-ci, il faut, chez
MM. Armstrong, Whitworth et CJ®, montrer patte blanche.
Les gardiens tournent et retournent longtemps ma lettre et
ma carte avant de m’introduire dans un petit salon d’attente.
Tandis qu’ils vont avertir « qui de droit » de ma présence,
je regarde, par les larges baies des fenêtres, le beau panorama
de la Tyne, coulant au bas de l’usine hérissée de hauts
fourneaux et de cheminées. Le bruit des machines en mou
vement, des ateliers en plein labeur, des chantiers où ri
ve urs et forgerons s’empressent à la besogne, m’arrive en
une lointaine et confuse rumeur.
Après une attente de dix minutes, un des ingénieurs de
rétablissement veut bien me prévenir courtoisement que je
suis autorisé à visiter les chantiers, où m’accompagnera un
contremaître qu’il me présente. Nous échangeons avec
mon guide, qui paraît peu liant, un shake hand froid et
réservé, et nous nous mettons en route, non sans que j’aie
dù, auparavant, inscrire sur un registre ad hoc mes nom,
profession, qualité et ceux du signataire de la lettre d’intro
duction dont j’étais porteur.
Nous visitons d’abord les ateliers de canons : en de vastes
halls, pourvus de l’outillage le plus moderne, éclairés à
l’électricité et desservis par une série de voies ferrées,
d’énormes blocs d’acier se dégrossissent et prennent forme
sous la caresse silencieuse des tours. Les fraiseuses verti
cales et horizontales, les machines à percer, à retailler, à
rayer, usinent, aidées de puissants transbordeurs, des pièces