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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
les divers échelons qui le séparaient de sa position actuelle,
la mesure de sou savoir-faire ; puis des contremaîtres. Les'
services rendus par ceux-ci sont appréciés ; ce sont, dans le
bataillon industriel que forme le personnel d’un chantier, de
remarquables sous-officiers; il existe un contremaître par ate
lier (menuiserie, machinerie, charpente) et par spécialité d’ou
vrage. S’il faut exécuter un ouvrage difficile, les employés
du bureau des dessins vont vérifier quotidiennement les tra
vaux. Au total, les cadres des chantiers ne conqitent pas plus
d’une vingtaine de personnes, pour plus de 2,000 ouvriers.
La matière première, charbon, acier, etc., fournie en
abondance par le district, arrive à très peu de frais, au moyen
de voies directes, dans l’établissement : les frais généraux sont
réduits, ils ne dépassent pas le i5 p. 100 du salaire payé.
Quant aux bénéfices réalisés par l’entreprise, ils sont impor
tants, bien que sur chaque alfaire MM. Swan et Hunter se
contentent de prélever une rémunération modeste.
Le prix des navires est notablement inférieur au prix
similaire français; au moment où je visitai les chantiers de
Wallsend, ils avaient sur cale le paquebot Juenüa, magni
fique vaisseau de i3,20o tonneaux de jauge officielle, pour
la compagnie Cunard. Le marché passé avec celle-ci s’élevait
à 7,5oo,ooo francs; en France, le meme navire eut coûté,
au bas mot, dix millions.
M. Hunter s’organise pour la production, dans l’avenir,
de paipiebots et de cargos puissants. Dans une communica
tion qu’il fit récemment à la Société des ingénieurs-cons
tructeurs de Newcastle-sur-Tyne, il concevait sous la forme
suivante le transatlantique de l’avenir : ce navire, disait-il,
portera au moins 12,000 tonneaux de poids mort et sa jauge
devra lui permettre de transporter 20,000 tonneaux de mar
chandises, à raison d’un ])eu plus d’un mètre cube par
1,000 kilogrammes ; son approvisionnement de charbon sera