Full text : Le problème de la marine marchande

3  IO  LE  PROBLÈME  DE  LÁ  MARINE  MARCHANDE.
Le  hoilermaker-shiphailder,  ouvrier  skilled,  spécialisie
qualifié,  ii’est  sans  doute  pas  le  seul  à  travailler  sur  les
chantiers  de  l’industrie  navale  ;  là  aussi,  la  machine,  comme
je  l’ai  montré  plus  haut,  est  intervenue  pour  suppléer  le
bras  humain,  et  elle  accomplit  plusieurs  travaux  que  le
shipbuilder  se  réservait  naquere  ;  elle  perce  les  plaques  métalliques, ­
  les  ajuste,  fabrique  les  rivets,  les  boulons,  les  enfonce ­
  automatiquement  dans  la  coque  du  vaisseau,  n’ayant
besoin,  pour  la  seconder,  que  de  simples  ouvriers  dispensés
d’apprentissaqe,  et  auxquels  on  ne  demande  que  de  l’intelliqence
  et  de  l’attention.  En  sorte  que  l’on  rencontre,  sur
les  chantiers,  à  côté  du  bataillon  d’élite  des  spécialistes,  une
proportion  notable  à’unskilledj  de  manœuvres.  Mais  les  ouvriers ­
  qualifiés  demeurent  pourtant  la  qrosse  majorité,  et  la
volonté  se  manifeste  d’ailleurs  très  nette  et  très  âpre  chez
eux  de  maintenir  et  de  perpétuer  cette  qualité  de  skilled.
Cela  tient,  j’aurai  plus  loin  l’occasion  de  le  montrer,  à  certaines ­
  idées  jalouses  inspirées  par  un  sentiment  très  caractérisé ­
  de  défense  professionnelle  et  de  particularisme  corporatif. ­
  Mais  cela  tient  aussi  au  souci  très  vif  (¡u’ont  les
shipbuilders  de  produire  un  travail  irréprochable.  Ayant  acquis ­
  la  réputation  de  constructeurs  émérites,  et  conquis,
qrâce  à  cela,  tant  à  l’étranqer  qu’en  Anqleterre,  une  clientèle ­
  qu’ils  désirent  conserver,  les  shipbuilders  anglais  et
écossais  ne  négligent  rien  pour  conserver  et  perfectionner
leurs  capacités  techniques.  Aussi  l’apprentissage  est-il  chez
eux  sérieusement  organisé  et  réglementé.
Il  dure  en  moyenne  cinq  années.  Le  jeune  homme  qui  se
destine  au  métier  de  shipbuilder  entre  d’ordinaire  au  chantier ­
  à  l’âge  de  i4  ou  i5  ans,  comme  surnuméraire  (^probationer'), ­
  et  reste  pendant  deux  ans  employé  à  des  besognes
simples,  n’exigeant  aucune  aptitude  spéciale.  A  17  ans,
promu  apprenti,  il  étudie  véritablement  son  métier  pendant
            
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