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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
hlancliie à la peinture et porte uii numéro d’ordre; il y note
à la fin de la journée le travail accompli. Le mercredi de
chaque semaine, il remet à l’administration du chantier une
feuille spéciale où sont détaillés les travaux faits et le nombre
d’heures employées, ainsi que le compte de ce qui revient
à chacun des hommes de son équipe. Ceux-ci sont payés
par la caisse patronale le samedi suivant : l’intervalle du
mercredi au samedi permet aux co.nptables de l’administra
tion de vérifier l’exactitude des comptes fournis par le plater.
Les autres ouvriers du fer dans la construction navale pro
cèdent de la même manière. Très spécialisés chacun, par la
division rigoureuse du travail, dans leur catégorie, ils sont
à l’égard de leurs helpera dans la situation de véritables
patrons ; il y a même des chantiers, sur la Clyde notamment
et à Belfast, où le shipbuilder rémunère lui-même, sans ([ue
la caisse patronale s’en mêle le moins du monde, les ma
nœuvres de son équipe.
La différence professionnelle (jui sépare le shipbuilder,
ouvrier skilled, des helpers, ses collaborateurs unskilled, se
manifeste d’une façon très sensible dans le taux de leurs
salaires respectifs. Les helpers reprochent même, et non
sans raison parfois, aux shipbuilders d’être des maîtres
égoïstes et exigeants. Il est certain (pie le shipbuilder, tout
en exigeant du manœuvre qu’il emploie la plus grande
somme de travail possible, cherche à le payer aussi le moins
possible. L’écart est très grand entre le gain de l’un et celui
<le l’autre. J’ai pu consulter, par exemple, aux chantiers
Wigham Richardson, près de Newcastle, le livre de comptes
des platers et j’ai constaté qu’alors (pie les salaires s’élevaient
à 8, 9, 10, 12, et jusqu’à i4 £ (200 à 34o francs) par semaine
pour le plater, le salaire hebdomadaire des manœuvres ne
dépassait pas 25 à 3o shillings (27 fr. 25 c. à 37 fr. 5o c.).
On sera surpris peut-être de l’élévation du chiffre ([ue