Full text: Le problème de la marine marchande

3y4 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE. 
rapporte i,ooo ir. de bénéfice ; votre navire arrivé dans un 
port français, il faut qu’il donne 1,200 fr. au courtier mari 
time pour l’opération en douane. Le courtier écrit trois ou 
quatre mots, les expédie à la douane et c’est fini. Dans ces 
conditions, l’armateur français est pressuré et une foule 
d’opérations maritimes seraient possibles, s’il n’y avait pas 
de courtiers maritimes, c’est-à-dire si l’on avait en France 
comme dans tous les pays du monde, le droit d’écrire à 
M. Y..., par exemple, à Nantes ou à Saint-Nazaire : « Je 
« vous charge de faire les opérations de mon navire, et je 
« vous donnerai 5o fr. » En France on donne 1,200 fr. Ré 
sultat : opération impossible ; résultat : on dégoûte les né 
gociants qui voudraient faire de l’armement, et qui ne veu 
lent pas engager leurs capitaux pour les beaux yeux des 
courtiers maritimes. » 
M. Bordes, le grand armateur bordelais, a donné, devant 
la même commission, une preuve topique de l’exagération 
du tribut prélevé par ces agents. 
« Je vous citerai, a-t-il dit, un usage local à Bordeaux. 
Le courtage maritime nous coûte (dans d’autres ports aussi) 
pour déclarer un navire portant 4,000 tonnes, 2,000 fr. ; un 
courtier prend la peine de sortir de chez lui, d’aller à la 
Bourse (il y a 5o mètres à parcourir) ; pour cette opération, 
il n’assume aucune responsabilité, l’armateur seul étant res 
ponsable ; le courtier syndiqué a droit en vertu de son tarif 
à 5o centimes par tonne, soit parfois à 10 p. 100 du fret. » 
Deux mille francs pour cinquante mètres, c’est vraiment 
un joli denier — et une aubaine à laquelle ne sont pas 
habitués, pour des courses plus fatigantes et plus longues, 
les amateurs de cross-country. 
En bons patriotes, les courtiers « soignent » particuliè 
rement les armateurs français, du moins à ce que préten 
dent ceux-ci. M. Flornoy, du Havre, a fait passer sous les
	        
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