Full text: Le problème de la marine marchande

20 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE. 
de ses usines le moyen de se passer de houille ? Le com 
merce de la Suisse qui fut : 
En iSoo- 
Importations , 1,162,594,855 fr. 
Exportations . 796,013,909 
En 1900. 
Importations . 1,106,543,828 fr. 
Exportations . 855,901,185 
accuse évidemment de beaux résultats pour une nation (jui 
ne compte que trois millions d’habitants. Mais au prix de 
quels efforts, de tpielle persévérance s’est-il ainsi développé ! 
Pour racheter ses chemins de fer et réserver au commerce 
national des tarifs plus favorables, la Suisse n’a pas hésité 
à s’imposer le lourd sacrifice d’un milliard. 
Peut-on trouver une démonstration meilleure de l’impor 
tance qu’elle-méme attache au perfectionnement de ses 
moyens de transport ? 
L’exemple de la Suisse n’affaiblit donc en aucune façon 
l’observation si juste de M. Lefèvre-Pont ails. 
Si l’on passe maintenant aux nations européennes norma 
lement constituées — c’est-à-dire ayant une sortie sur la 
mer — la nécessité d’une marine marchande nationale, pour 
assurer l’existence et la prospérité de leur commerce, n’est 
pas discutable. 
Dans le remarquable rapport adressé, au nom de la Cham 
bre des négociants commissionnaires et du commerce exté 
rieur de Paris, à la Commission extraparlementaire chargée 
d’étudier les moyens de venir eu aide à la marine marchande, 
M. G. Ferré, secrétaire général, en donne de fortes raisons. 
« Si une marchandise française arrive, dit-il, par pavillon 
anglais ou allemand après transbordement, le consignataire 
se dira tout de suite : cherchons donc en Allemagne ou en 
Angleterre, nous trouverons peut-être mieux, et puis le 
transport sera plus simple et moins coûteux. Le pavillon est 
une réclame perpétuelle et efficace.
	        
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