Full text : Le problème de la marine marchande

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LI':  PROBLKME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

faisant  escale  dans  nos  ports  coloniaux  et  y  embarquant,
pour  la  métropole,  une  certaine  quantité  de  marchandises,
susciteraient  sans  nul  doute  l’éclosion  et  favoriseraient  le
développement  d’une  flotte  coloniale  qui  nous  manque  absolument. ­
  A  l’heure  actuelle,  notamment,  les  quelques  paquebots ­
  postaux,  marchant  à  une  vitesse  déplorable,  qui  nous
relient  à  l’Extrôme-Orient,  sont  impuissants  à  assurer  entre
la  France  et  l’Indo-Ghine  un  mouvement  d’échanqes  comparable ­
  à  celui  qui  existe  entre  l’Inde,  par  exemple,  et  la
Grande-Bretaqne(').  Les  encouraqements  donnés  à  la  naviqation
  coloniale  libre  nous  permettront  seuls  d’arrêter  les
proqrès  des  Allemands,  devenus  dans  ces  parages  les  maîtres
du  transport.
*
*  *
Mais  pour  faire  aboutir  cette  série  de  réformes,  qui  touchent ­
  un  peu  à  tous  les  ministères,  il  faut  commencer  par
mettre  de  l’ordre  dans  l’orqanisation  même  des  services
administratifs  de  la  marine  marchande.  L’irresponsaliilité  y
règne  actuellement  en  souveraine  maîtresse.  Éparpillés  entre
le  commerce,  les  travaux  publics,  la  marine,  les  affaires
étrangères,  etc.,  les  fonctionnaires  chargés,  au  nom  de
l’État,  de  veiller  sur  le  sort  de  notre  flotte  commerciale,  ne
recevant  aucune  impulsion  directe,  prennent,  suivant  leur
fantaisie,  des  décisions  chaotiques  et  contradictoires,  que

(i)  Nos  colonies,  au  nombre  de  ai,  ont  une  population  de  Sa  millions  d’habitants  et
une  superficie  de  3,981,900  kilomètres  carrés.
Les  colonies  anglaises,  au  nombre  de  43,  ont  une  population  de  898  millions  d’haliitants
  et  une  superficie  de  88,4i4,ooo  kilomètres  carrés,  et  elles  ne  coûtent,  à  la  Métropole, ­
  que  63  millions  de  dépenses  par  an.
Ce  qui  n'a  pas  empêché  l'Angleterre  de  faire  avec  ses  colonies,  en  1898-1899,  un
commerce  général  de  5  milliards  887  millions  (a  milliards  558  millions  de  marchandises
anglaises  exportées  aux  colonies  et  a  milliards  804  millions  de  produits  coloniaux  importés ­
  dans  le  Royaume-Uni),  chiffre  de  commerce  qui  s’augmente  encore  des  centaines ­
  de  millions  encaissées  pour  les  transports  par  sa  marine  mari  bande.
Notre  chiffre  d’affaires  avec  nos  colonies  françaises  n’a  encore  atteint  que  3i3  millions ­
  en  1899,  alors  que  leur  commerce  avec  l'étranger  était  de  821  millions.
            
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