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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
tion. S’il est un peuple où la Hotte marcliande occupe dans
la vie nationale une p ran de place, c’est, on le reconnaîtra,
l’Angleterre. Jamais nos voisins d’outre-Manche n’ont songé
à confier à l’Amirauté — qui correspond à notre ministère
de la marine — les services de leur flotte commerciale.
C’est au « Board of Trade » qu’ils les ont remis et, depuis
plus de cinquante ans que ce système fonctionne, ils n’ont
eu (pi’à s’en féliciter. En Allemagne, la marine marchande
est pareillement indépendante de la flotte militaire. Chez
nous, où la direction de la marine marchande dépend du
ministère de la marine, son rôle, malgré la compétence du
haut fonctionnaire placé à sa tête, est resté des pins effacés.
Ayons le courage d’accomplir un divorce qui s’impose.
Comme le disait l’amiral de Gueydon :
« Les deux marines, au point de vue de l’art nautique,
ne forment ([u’une seule et même famille ; mais, comme il
arrive souvent entre frères, quand surviennent des intérêts
qui divisent, il faut, pour rester amis, vivre séparés, avoir
chacun son ménage. »
Ilâtons-nous donc de fonder le foyer où la marine marchande
viendra puiser une forte et décisive impulsion sans
être sacrifiée à sa grande sœur aînée, la marine de guerre :
il y va de l’avenir et de la grandeur mêmes de notre pays.
V. La navigation intérieure.
11 ne suffit pas encore de libérer l’armement de sa dépendance
vis-à-vis de la construction ; de faire tomber une à
une les chaînes qui l’entravent ; de le débarrasser des monopoles
et des privilèges abusifs; de l’encourager par des
subventions généreuses ; de rétablir l’ordre et la responsabilité
là où n’existent que chaos et anarchie. L’État n’aura