Full text: Le problème de la marine marchande

l’effort nécessaire. 
387 
fait tout son devoir envers la marine mardi ande que le jour 
où il lui aura fourni les moyens de recueillir en quantité la 
meilleure et la plus salutaire des primes — c’est-à-dire le 
FRET ! 
« Le manque de fret est la principale, presque l’unique 
cause du marasme de l’industrie de la marine marchande », 
constate M, Estier. Avec lui, nous répétons : c’est de ce côté 
(ju’il reste encore à diriger un effort nécessaire ! Il faut ame 
ner du fret français aux navires français ! 
Il n’y a équilibre dans aucun de nos ports entre les en 
trées et les sorties des marchandises. Pour citer des chiffres, 
eu 1899, le poids des marchandises ayant alimenté notre 
commerce maritime avec l’extérieur, déduction faite des épa 
ves ou sauvetages et provisions de bord, a atteint 21,89,726 
tonnes, dont 16,929,455 à Ventrée et 4,963,271 seulement 
à la sortie. Les produits que nous demandons à l’étranger 
représentent une valeur moyenne inférieure des deux tiers à 
la valeur correspondante de la tonne que nous exportons. 
Tandis que la portée moyenne du tonneau de jauge à l’en 
trée est de 990 kilogrammes, elle se trouve à la sortie ra 
menée à 4io kilogrammes. 
Gela démontre que nous n’envoyons au dehors que des 
marchandises riches et légères, dont les grands paquebots ou 
cargos allemands et anglais, en passant à Dunkerque, au 
Havre ou à Cherbourg, se servent pour compléter leur char 
gement. Quant à nos bâtiments, il leur arrive souvent de 
partir sur lest, c’est-à-dire de faire un voyage blanc (*). Les 
armateurs, pour récupérer les frais qu’ils supportent ainsi en 
pure perte, sont tentés, au retour, si l’occasion avantageuse 
(1) M. Henri Kslier a calculé qu’en iggS, pour les expéditions sur pays étrangers, les 
navires français ont emporté seulement 27,08 p. 100 de leur faculté de transport, tandis 
que les navires étrangers venant chez nous compléter leur chargement prenaient, 
proportionnellement à leur faculté de transport, un chilfre presque égal, soit 21 p. 100.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.