LE RÔLE DE LA MARINE MARCHANDE.
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(f Cette réclame se trouve siiujulièrement renforcée par
les statisticpies de la plupart des Etats d’outre-mer qui por
tent aux comptes des diverses nations les marchandises en
trées on sorties sons leurs pavillons respectifs : les acheteurs
étranqers jugent naturellement d’après ces documents et
passent leurs commandes sur les marchés qui paraissent les
mieux approvisionnés.
« Eniiu, il serait téméraire de compter exclusivement sur
les lignes étrangères pour le transport de nos marchandises ;
si elles nous odrent actuellement des conditions avantageu
ses, c’est hien dans l’esjioir, de ruiner notre marine mar
chande; le jour où celle-ci se sera retirée de la lutte, il est
peu probable que nos anciens rivaux continueront à se faire
concurrence pour notre plus grand profit ; craignons plutôt
qu’ils ne s’entendent pour nous rançonner. »
La disparition de sa marine marchande non seulement
expose un pays à la concurrence, mais lernet à la discrétion
<lc celui qui lui fournit les moyens de transport. Elle permet
à cet intermédiaire/ de se livrer à toutes les contrefaçons ;
combien décaissés de champagne, de bordeaux, de cognacs
d’apparence absolument française et de fabrication cepen
dant étrangère, combien d’articles dits de Paris, combien
d imitations de notre orfèvrerie ou de notre horlogerie sont
annuellement livrés dans le monde par des négociants qni
n avaient été au début (pie nos entrepositaires !
M. Émile Jaubert, administrateur délégué de l’Industrie
et de l’Agriculture françaises, a constaté dans un rapport
adressé à cette association (pie la ville de Hambourg a reçu,
en 1899, i3,384 hectolitres de cognacs et eaux-de-vie; elle
en a exporté 26,190, soit près du double ; pour le rhum, les
(piantités exportées ont été du (piintuple des quantités im
portées; pour le genièvre, meme proportion ; pour les vins,
Hambourg importe 319,000 hectolitres et en exporte 287,000;