l’effort nécessaire.
399
contre la production étrangère (jue la protection des produits
nationaux par des tarifs prohiliitifs. Faire payer très
cher en France ce qui coûte très bon marché au dehors
semble, à toute la catégorie d’économistes qu’inspire M. Méline,
le summum de l’habileté pour lutter contre la concurrence
étrangère. L’idée n’est pas venue à ces ingénieux
haussiers qu’une protection analogue, et plus efficace, pouvait
être garantie à nos nationaux par des moyens différents,
c’est-à-dire en leur permettant de produire et de vendre
à meilleur compte, dans des conditions aussi avantageuses
pour eux.
Il est incontestable, en effet, que, dans un très grand
nombre de cas, le prix de revient sur place n’est pas plus
onéreux en France qu’à l’étranger ; seul le déplacement
coûte plus cher.
Or, nulle part, pas meme en Autriche-Hongrie, les transports
ne reviennent plus cher qu’eu France, et surtout que
dans le Sud-Ouest.
Dans un numéro de la Revue commerciale et coloniale,
M. Camentron constatait ([ue la Compagnie du Midi, pour
un parcours de 5oo kilomètres sur la ligne Bordeaux-Cette
(où elle rencontre la concurrence du canal, concurrence
moins dangereuse, d’ailleurs, qu’il ne conviendrait),
faisait payer 10 fr. 76 c. pour le transport de l’article bois
de construction, mais que ce tarif s’élevait, sur les autres
liipies non concurrencées, à 16 fr. 10 c. sur toutes directions
du Midi autres que celle de Bordeaux-Cette, à 18 fr. 5o c.
sur la direction Bordeaux-Paris (Compagnie d’Orléans), et
à 18 fr. 5o c. sur la direction Bordeaux-Lyon (Orléans et
P.-L.-M., tarif commun). Autrement dit, on paye de Bordeaux,
dans la plupart des cas, o fr. 087 par tonne kilométrique
pour l’article « bois de construction » transporté à 000
kilomètres. Or, les prix moyens de toutes les marchandises