4o4 LE PllOBLKMK Dl: LA MAHINE MARCHAND!:.
la proporfioii de i à 2 par rapport à rAllemaípie. Y eut-il
jamais, je le demande, pour un homme aimant son pays,
rien de plus pénible, rien de plus douloureux ! » Nous rou
lons la pente qui mène lentement, mais sûrement, un pays
à l’abîme !
S’il est des responsaliilités dont l’histoire demandera
compte aux gouvernements incapables qui sacrifièrent trop
longtemjis à des intérêts jiarticuliers le développement de
la fortune publiipie, concédèrent aux compagnies des mono
poles épuisants pour la collectivité, arrêtèrent la mise en va
leur de nos richesses naturelles, laissèrent la France en friche
— tandis cpie les nations rivales mettaient à la disposition
de leurs producteurs, agriculteurs, industriels et commer
çants, un merveilleux outillage de voies ferrées et navi
gables (pii sert à nous écraser aujourd’hui — il est des fau
tes, cependant, dont nous devons loyalement nous accuser
nous-mêmes. L’apathie, l’inditférence, la peur des risques,
l’égoïsme, en même temps qu’une passion exagérée de
bien-être, ont envahi une fraction notable de la bour
geoisie. Monsieur et Madame ne font plus d’enfants,
parce que (c ça donne trop de tracas et ça coûte trop cher à
élever». L’épargne, qu’on admire complaisamment dans
les harangues officielles, a tué l’esprit d’initiative. En haut,
comme en bas de l’échelle sociale, on ne songe plus qu’à
grossir, par une économie mal comprise, le « bas de laine »,
(pie vident d’ailleurs périodiquement les malandrins de la
finance véreuse. Un honnête homme ne trouve pas de
crédit, jiour une entreprise commerciale ou industrielle
d’avenir pres(pie assuré, là où l’émission des mines d’or
de la Lune sera le victorieux Sésame des coffre s-forts les
plus herméti(piement clos. Le paysan, dont la méfiance
envers la spéculation est plus grande, ne veut pas entendre
parler de placer son argent autrement (ju’en rentes sûres