LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
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finances venait d’établir, pour la publier dans ses tableaux
.annuels de la navigation, une évaluation aussi exacte que
possible du fret payé par le commerce français aux marines
étrangères. Le cldifre qui est ressorti de ces études s’élève
pour l’exercice 1899, non pas à 3oo, mais à 366 millions de
francs.
« Nous payons à l’étranger pour nos transports maritimes
une contribution à’un million par jour, soit en quinze ans
CINQ MILLIARDS.
«Une meilleure organisation de notre marine nous per
mettrait de retenir tous les ans de 5o à 100 millions* de ce
tribut. »
De pareilles évaluations sont-elles exagérées? Loin dt là,
affirme M. Thierry :
« Il faut considérer ces évaluations comme très basses —
le fret est susceptible de variations dont il n’a pas été tenu
compte dans ce travail. Si l’on faisait entrer en ligne de
compte les hausses que pourrait lui faire subir le cours du
charbon, le chilfre de 3GG millions devrait être majoré de
3o à 4o millions. »
Dans un fort intéressant article de la Revue maritime, du
mois de juin 1900, M. Tournier, lieutenant de vaisseau de
réserve, évalue à /f5o millions le fret enlevé en 1898 à la
France par les armateurs étrangers :
« Cet argent est entièrement perdu pour le pays et, sauf
une fraction minime servant à acquitter les droits de port,
il sort du territoire pour n’y revenir jamais. C’est, s’écrie
M. Tournier, un impôt intolérable que nous payons à nos
rivaux, comme si notre dette nationale, déjà si lourde, était
majorée de quinze milliards aux mains des capitalistes étran
gers. Cette situation déplorable finirait, si elle se prolongeait,
par tarir les sources de la fortune publique. Elle appelle
donc des mesures énergiques qui nous permettent de nous