LE RULE DE LA MARINE MARCHANDE. 25
affranchir, une fois pour toutes, de l’odieux tribut, cause
de notre ruine — et le seul remède, c’est le relèvement de
la marine marchande... L’esprit se refuse à admettre que les
représentants de la nation ne se hâtent point de fermer la
plaie, par où s’en vont rapidement les forces vives du
pays »
M. Estier, dans son rapport à la commission extraparle
mentaire de la marine, constate que plus des trois quarts
«les marchandises expédiées ou reçues par nos ports pour
notre industrie ou notre commerce sont chargées sur navires
étrangers.
Les statistiques officielles de la Direction générale des
«louancs conlirment pleinement et dans tonte son étendue le
mal signalé par MM. Thierry, Tournier et Estier.
Pris dans son ensemble, notre^ trafic par mer a occiqié,
en 1899, 47,756 navires à voiles ou à vapeur d’une capacité
de 29,170,368 tonneaux de jauge, savoir :
A l’entrée ; 2(),/4()/i navires . , . 17,087,/iG5 tonneaux.
A la sortie : 21,292 navires. . . 12,082,908 —
Comparativement à 1898, c’est dans l’ensemble une aug
mentation de 457 navires et de 2,893,895 tonneaux de jauge
représentant, à Ventrée, 2/48 unités, i ,088,754 tonneaux ;
à la sortie, 209 unités, i,3io,i4i tonneaux.
L’augmentation a porté à l’entrée comme à la sortie sur
les navires français et sur les navires étrangers ; mais elle a
été bien plus marquée pour les pavillons étrangers. Il n’ap
paraît en effet dans l’excédent total de 2,898,895 tonneaux
que 470,261 tonneaux à l’actif de notre marine, alors que
les marines concurrentes y figurent pour 1,928,684 ton
neaux (i ,860,700 pour les navires des pays de provenance
ou de destination et 662,984 pour les navires tiers). C’est
ce que démontrent les chiffres du tableau suivant.