NOTRE FLOTTE COMMERCIALE.
49
PItCBL. MAU. MARCH.
Les ports secondaires accroissent continuellement le nom
bre de leurs vapeurs aussi bien que les grands centres ma
ritimes, que Hambourg, par exemple, qui voit augmenter
de jour en jour le chilfre considérable des navires dont il
est le port d’attache.
L’Allemagne a visé à posséder une marine commerciale
non seulement nombreuse, mais parfaite. Ses navires à pas
sagers sont admirablement aménagés au point de vue du
confort et de la vitesse, l.o, Deutschland, pacpiebot de la
compagnie 1 lamburg-Amerika, est aujourd’hui le plus rapide
des navires de commerce, lia, en effet, accompli en cinq jours
sept heures trente-huit minutes, au commencement de sep
tembre 1900, le trajet de 2,982 milles marins (le mille ma
rin = 1,852 mètres) entre New-York et Plymouth— ce (jui
correspond à une vitesse moyenne de 2,3,36 nœuds ou 43 ki
lomètres à l’heure. Cette vitesse n’est dépassée que par
celle des torpilleurs.
L’Allemand s’est pénétré des lois de la concurrence mo
derne ; il a compris, peut-être mieux encore (pie l’Anglais,
la valeur du temps. M. Maurice Schwob, qui le connaît bien
pour l’avoir observé avec une rare perspicacité, a défini sa
méthode en ces termes fort justes :
« L’Allemand commence par étudier le milieu où il compte
opérer ; pour se soumettre aux lois de ce milieu, il faut les
connaître, ensuite tout sera facile, car savoir, dest pouvoir,
il dit Bacon. »
L’Allemand s’est donc rendu compte des nécessités de
notre existence moderne, où partout, toujours et quoi qu’il
en puisse coûter, il faut aller vite; pour complaire à l’oncle
Sam, perpétuellement alfairé, il a créé une Hotte de paque
bots admirable, (jui a porté le ])lus rude coup au monopole
britannique des transports transatlantiques.
Bien n’est plus instructif à ce sujet que la statistique des