Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

A.  RÆDER

LUI.
Arbitrage  entre  les  AT  H  AM  AN  S  et  des  voisins.  Vers  l’an  180.
A  Corfou,  l’ancienne  Corcyre,  on  a  trouvé  une  inscription,  malheureusement ­
  très  détériorée, 1  qui  paraît  traiter  d’une  affaire  d’arbi
trage,  où  les  Athamans  auraient  été  l’une  des  parties.  L’inscription
parle  d’un  «  compromis  »  ou  d’une  «  convention  » 2 ,  et  de  «tracer
les  frontières  des  villages  ». 3  C’est  à  peu  près  tout  ce  que  nous
pouvons  en  savoir,  car  on  ne  peut  y  lire  que  quelques  rares  mots.
On  pourrait  croire  qu’il  ne  s’agissait  là  que  d’un  travail  de  limitation ­
  de  frontière  dans  le  sein  de  la  société  athamanienne.  Dans
ce  cas  nous  ne  nous  trouverions  pas  en  présence  d’un  cas  d’arbitrage
international.  Mais  cette  hypothèse  ne  permet  pas  d’expliquer  la  pose
de  l’inscription  à  Corcyre,  car  jamais  les  Athamans  n’ont  dépendu
de  Corcyre.  L’explication  du  lieu  de  la  découverte  doit  être  cherchée
dans  le  fait  qu’il  est  ici  question  d’arbitrage  entre  les  Athamans  et
l’un  ou  l’autre  des  Etats  voisins,  et  que  les  juges  ont  été  choisis
parmi  les  Corcyréens,  à  moins  que,  si  tel  n’était  pas  le  cas,  on  ait
décidé  qu’une  copie  serait  posée  à  Corcyre  en  sa  qualité  d’Etat
voisin  prépondérant.
Les  Athamans  résidaient  dans  le  sud-est  de  l’Epire.  Pendant  un
moment  ils  jouèrent  un  certain  rôle  sous  la  conduite  de  leur  célèbre
roi  Amynandros.  Celui-ci  mourut  sans  doute  vers  l’an  185. 4  A  cette
époque  les  Athamans  grâce  à  l’intervention  romaine  rentrèrent  en
possession  de  certains  districts-frontières  que  Philippe  de  Macédoine
avait  cherché  à  annexer.  La  réglementation  de  frontières  ici  mentionnée ­
  doit  se  rattacher  aux  difficultés  connexes,  de  savoir  où  passaient ­
  les  frontières  des  divers  districts.  Ceci  s’accorde  assez  bien
avec  les  circonstances  de  temps,  car  cette  inscription  doit  être  à  peu
près  contemporaine  de  la  suivante,  trouvée  en  même  temps. 5
1  Inscr.  Gr.  IX,  1,  n°  690.  Rhein.  Museum  XVIII,  p.  539,  ed.  Wachsmuth.  —
eiç  ófxóXoyov.  —  8  ëcpav  ópíÇeiv  T¿q  xcà|uaç.  —  4  Niese  III,  p.  15.  —  6  Niese  III,
p.  23».
            
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