L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
LIV.
Arbitrage entre AZORE & MONDAIA. Peu après l’an 178.
Grâce à une inscription 1 trouvée dans l’île de Corfou en même
temps que celle dont nous venons de parler, nous connaissons une
décision arbitrale rendue dans un différend de frontières entre les
villes d’Azore et de Móndala. Azore était une ville Perrhébienne ;
Móndala était située dans la Thessalie Septentrionale près de la
frontière Macédonienne, sans pourtant que l’on puisse déterminer
avec exactitude la situation de cette ville.
Le désaccord portait sur une régularisation de frontières ; mais
nous ne connaissons pas plus en détail les circonstances. Comme
arbitres fonctionnèrent Lysanor d’Apollonie, Zénophante de Corcyre
et Cléostrate de Dyrrachium. Il semble que Lysanor ait exercé les
fonctions de Président 2 ; c’est d’ailleurs une situation que l’on ne
connaît pas autrement. Les juges examinèrent les lieux et furent ac
compagnés pendant cet examen par des fondés de pouvoir des deux
parties. 3 La fin de l’inscription manque, de sorte que nous ne savons
pas qui eut gain de cause ; mais nous voyons que la ligne frontière
fut déterminée.
L’année de l’inscription est déterminée par la mention de l’épo
nyme des Perrhébiens et le stratège Thessalien Hippoloque, qui était
alors stratège pour la seconde fois. L’époque de leurs fonctions peut
être établie à l’aide d’Eusèbe, qui dans sa version arménienne 4
nomme Hippolochus Æxippi Larisœus comme le 15 ème stratège de la
Thessalie libre. La Thessalie ayant reconquis sa liberté après la ba
taille de Cynocéphales, ceci se place en l’an 182. Cette année-là
Hippoloque était stratège pour la première fois, la deuxième fois doit
tomber peu après 182. Les Perrhébiens formaient à ce moment un
1 Insc. Gr. IX, 1, n° 689. Dittenberger S 2 n° 453. Collitz III, I, n° 3205. —
2 pvctpoveúovioç Auôàvopoç ; pour les deux autres on peut relever l’expression :
ôm&ixaoâv. Pour la signification de pvapoveùcov dans ce cas, voir Dittenberger 1. c.
et Daremberg et Saglio, Dictionn. à pv^poveúcov. — 3 èxpívauev ÈX&óvceq W xàv
Xci)pàv TtEptcrpysapivcov éxaxépcov. — 4 ed. Schoene I, 145.