Full text: L' arbitrage international chez les Hellenes

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A. RÆDER 
de celle-ci, Praisos fut détruite, et son territoire, en partie du 
moins, fut annexé par Hierapytna, qui reprit en même temps les 
revendications antérieures de Praisos vis-à-vis d’Itane. Les Hierapyt- 
niens réclamaient pour eux-mêmes file de Leuke, mais prétendaient 
que le territoire situé en Crète même, et objet du désaccord, fût 
attribué au temple précité de Zéus. 
La conséquence fut une guerre entre Itane et Hierapytna. Hiera 
pytna paraît s’être adressé au cours de celle-ci au Sénat romain qui 
envoya Servius Sulpicius avec une suite, en Crète. Celui-ci réussit 
à ramener la paix et les Itaniens s’en étant remis aussi au jugement 
du Sénat, celui-ci pria Magnésie, sur les bords du Méandre de régler 
le différend des deux villes comme arbitre. La ville asiatique de 
Magnésie avait déjà antérieurement eu des relations étroites avec la 
Crète 1 , de sorte qu’il était assez naturel de la prendre comme juge. 
L’hypothèse antérieure, que c’était Paros qui avait été arbitre, se 
montre incorrecte. 
Le jugement fut rendu en faveur d’Itane ; mais Hierapytna 
s’adressa de nouveau au Sénat, pour voir reprendre l’affaire ; ce qui 
eut lieu. L’affaire fut, sur la décision du Sénat, de nouveau sou 
mise au jugement de Magnésie. Cette décision sénatoriale se place 
sous le consulat de Lucius Calpurnius Piso, c’est-à-dire en l’an 134 2 . 
Servius Sulpicius était consul en 144 ; la première décision arbitrale 
rendue par Magnésie dut donc se placer peu après cette année. 
Les deux décisions se placent aussi à une époque où ni l’Asie 
Mineure, ni la Crète n’étaient encore tombées sous la domination 
romaine ; ce qui n’eut lieu pour la Crète qu’en l’an 67. 
Magnésie accepta la mission de juger en se référant particuliè 
rement au désir des Romains, et à ses anciennes relations amicales avec 
les villes de la Crète. A une époque acceptée par les deux villes 
en procès, l’assemblée populaire de Magnésie se réunit et choisit 
17 hommes dans son sein pour fonctionner comme juges. Ceux-ci 
1 înschr. v. Magnesia ed. 0¿ Kern n os 17, 20 et 46. Dittenberger S a n° 259. 
2 Dittenberger S a II p. 774'.
	        
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