Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

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A.  RÆDER

On  trouve  parfois  compris  parmi  les  exemples  d’arbitrage  entre
états  helléniques  une  série  de  cas,  non  compris  ici,  les  uns  parce
qu’ils  doivent  être  considérés  comme  dénués  de  valeur  historique,
les  autres  parce  qu’ils  ne  constituent  pas  de  véritables  arbitrages,
mais  peuvent  seulement  être  appelés  des  transactions.
Parmi  ces  cas  nous  allons  en  citer  quelques  uns  :  Bérard x ,  en  se
référant  à  Pausanias 2 ,  fait  le  récit  d’une  décision  arbitrale  entre
les  villes  d’Elide  et  de  Pise,  rendue  vers  l’an  580.  Le  tyran  de  Pise,
Démophon  avait  infligé  aux  habitants  d’Elide  différents  dommages.
Lorsque  Démophon  mourut,  Elide  et  Pise  tombèrent  d’accord  pour
faire  trancher  l’affaire  par  l’arbitrage  de  seize  femmes,  une  de  chacune
des  16  villes  qui  composaient  alors  la  région  de  l’Elide.  Chaque
ville  devait  choisir  une  femme  de  haute  valeur  et  de  bonnes  moeurs.
Ce  récit  est  évidemment  un  essai  ultérieur  d’explication  de  l’institution ­
  du  double  chœur  de  seize  femmes  qui  dépendait  du  culte  de
Dionysos  à  Elide 3 ,  et  ne  peut  être  utilisé  comme  exemple  d’arbitrage ­
  international.
Une  explication  semblable  doit  être  donnée  à  un  récit  de  Plutarque ­
 4  sur  l’expression  grecque  «juger  comme  Bulias  ».  On  disait
ceci  d’un  juge  qui  remettait  toujours  le  prononcé  de  la  sentence,  et
l’origine  en  aurait  été  un  Athénien  du  nom  de  Bulias  qui  aurait
été  un  jour  choisi  comme  arbitre  entre  Elide  et  une  autre  ville,  et
qui  fît  prêter  aux  parties  le  serment  de  ne  rien  entreprendre  l’une
contre  l’autre  avant  le  prononcé  de  sa  sentence,  et  négligea  ensuite
de  rendre  le  jugement  durant  toute  sa  vie.  Toute  l’histoire  paraît
trop  invraisemblable  pour  qu’on  puisse  l’utiliser 5 .
M.  H.  E.  Meier 6  rapporte  le  règlement  que  Corinthe  et  Corcyre
en  492  mirent  debout  entre  Syracuse  et  Hippocrate,  tyran  de  Gela  7 .
Il  ne  s’agit  pourtant  là  que  d’une  médiation  et  non  d’un  arbitrage  s .
Il  en  est  de  même  pour  la  convention  rapportée  par  Gennadius  6  et
1  1.  c.  p.  16.  —  2  V,  16,  5.  —  8  Busolt  Gr.  Gesch.  I  577 1  —  4  Prov.  Alex.  23.  —
Ä  Sonne  1.  c.  p.  11.  Berard  1.  c.  p.  16.  —  6  1.  c.  p.  41,  43.  —  7  Hérodote,  VII,  154.
—  8  Sonne  1.  c.  p.  27.  -  9  1.  c.  p.  50.
            
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