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A. RÆDER
deux de ses membres, les villes de Milet et de Myonte l . Cette
époque offre aussi un exemple de traité avec une clause d’arbitrage
obligatoire. C’est le traité de l’an 375 s qui fut conclu entre une
série d’Etats grecs. Nous reviendrons plus loin sur ces cas.
5. APPLICATION DE L’ARBITRAGE APRÈS 338.
Pendant la période bicentenaire qui suit l’an 338, depuis que
i’Hellade est tombée sous l’influence macédonienne et jusqu’à ce que
les Romains prennent en définitive la souveraineté dans le monde
hellénique, on trouve de nombreux exemples de l’application de
l’arbitrage. Nous avons des exemples d’application de I o ) l’arbitrage
compromissoire entre des Etats complètement souverains et auto
nomes, 2°) l’arbitrage entre des Etats appartenant à un même système
d’alliance et mis en œuvre sur l’initiative de l’Etat ou du prince
dirigeant l’hégémonie, 3°) l’arbitrage entre deux Etats appartenant
à la même fédération et 4 ) l’arbitrage résultant de traités d’arbi
trage permanent.
Nous allons d’abord examiner les cas connus d’arbitrage compro
missoire entre Etats souverains.
En l’an 338 ou 357 les Cyclades Mélos et Kimolos présentèrent
leur différend à propos de trois petites îles à l’assemblée du conseil
hellénique réuni à Corinthe par Philippe de Macédoine. L’assemblée,
avec le consentement des parties, remit à Argos le soin de juger :1 .
L’assemblée populaire elle-même d Argos fonctionna en cette circon
stance comme juge ; Kimolos, comme on le sait, se vit attribuer les
îles en litige.
Comme on l'a déjà fait remarquer 4 , c’est probablement à cette
époque que se placent les deux premiers jugements rendus dans
le différend de Melitée et de Narthacium. C’est ce qu’il faut admettre,
si le Médeios qui fonctionna comme juge est le plus jeune et non
le premier du nom. Le second jugement aurait alors été rendu non
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