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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
fixé d’abord pour le prononcé du jugement, fut reporté de 6 à
12 mois.
Il y a quelques années, on a trouvé aussi à Délos une autre
inscription, qui contient un traité assez peu développé entre les
deux mêmes villes, et par lequel elles décident à nouveau de prendre
Gnosse comme arbitre dans leurs différends b Cette fois aussi c est
Gnosse qui a mis ce traité en œuvre. Le délai prévu pour le pro
noncé du jugement est ici fixé à 10 mois, sans doute en se basant
sur l’expérience acquise la première fois. Il ne peut- pas y avoir un
intervalle de beaucoup d’années entre ces deux traités.
Comme on le voit, nous connaissons pas mal d exemples d arbi
trage compromissoire pendant la période qui suit 338 et qui va
jusqu’à la mainmise de Rome sur le monde hellénique. Nous devons
presque tous ces exemples à des découvertes plus ou moins acci
dentelles d’inscriptions. Le tout donne l’impression que 1 arbitrage
compromissoire était bien connu, fonctionnait avec des formes très
évoluées et était fréquemment appliqué, sans doute même plus
fréquemment que dans aucune autre période précédente.
Pour juger cette situation d’une façon exacte, on doit se rappeler
que le nombre des états entièrement souverains était à cette époque
assez limité, ce qui diminuait considérablement l’application de
l’arbitrage entièrement compromissoire. La plupart des états dépen
dirent tout le temps, ou du moins la plus grande partie du temps,
de l’une ou l’autre des puissances directrices d’une hégémonie comme
la Macédoine ou de l’un des états hellénistiques, ou bien même
appartenaient à un système d’alliances determiné, comme par exemple
avec Rome ; cette dernière situation peut être mise dans la même
classe que les hégémonies dont nous avous parlé ; d’autres enfin
étaient membres de l’une ou l’autre des fédérations de l’époque.
A l’intérieur des hégémonies aussi bien que des fédérations, l’arbi
trage reçut une application développée. Par suite de la nature des
1 n° LXXVIII.