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I/ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
partie, sur une pratique générale pour le traitement de semblables
affaires à cette epoque. Comme on le voit les traités d arbitrage
permanent n étaient pas du tout inconnus dans le monde grec.
Bien au contraire il est visible que cette pensée a été suivie avec
un intérêt tout particulier et que plusieurs fois on a cherché à
la réaliser avec plus ou moins de bonheur. En général 1 organisa
tion est basée sur le choix des arbitres par un troisième état im
partial ; ou bien celui-ci est déjà désigné dans le traité ou bien
on s’organise de telle sorte que les autorités des villes en jeu
déterminent d’accord et d’avance pour une année à la fois cette
troisième ville, si du moins le traité ne déterminait pas qu’il fal
lait attendre qu’on eût l’emploi de l’arbitrage pour choisir ensemble
la ville à qui on devait demander de fonctionnner comme arbitre,
c’est-a-dire, nommer un tribunal d arbitrage parmi ses citoyens.
Nous trouvons aussi une autre organisation, celle qu adoptèrent les
villes Lesbiennes ; là le tribunal devait être déterminé par la ville
désignée par le tirage au sort parmi les villes contractantes ; la ville
en question choisissait les juges parmi ses propres citoyens.
A en juger par les éclaircissements que nos sources nous don
nent sur la situation, nous avons l’impression que ces traités d’arbi
trage permanent ne donnèrent pas les résultats qu’on en avait at
tendus, il semble qu’ils aient eu un intérêt plutôt théorique que
pratique. Il manquait toute espèce de garanties que le contrat
fût observé. Tout moyen de contrainte extérieure manquait ; l’opi
nion publique n’était pas assez forte pour contraindre un état bel
liqueux à s’incliner et à respecter le traité, et la volonté concor
dante des parties de chercher une solution pacifique, qui carac
térise les traités d’arbitrage compromissoire, n’existait seulement pas.
3. L’ARBITRAGE DANS LES HÉGÉMONIES HELLÉNIQUES.
Les événements se présentent tout autrement lorsque nous en
venons à nous occuper des états qui n’étaient pas complète
ment autonomes, et en venaient à accéder plus ou moins à des