Full text: L' arbitrage international chez les Hellenes

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A. RÆDER 
ou une alliance défensive ; ce n’était pas une alliance complète, 
défensive et offensive 1 . Les intérêts de la ligue étaient défendus 
par l’assemblée générale de la ligue qui se tenait en général à 
Sparte ; chacun des membres de la ligue y avait une voix 2 ; la 
majorité engageait tous les états de la ligue, à moins qu’une consi 
dération religieuse quelconque fût un obstacle pour l’un d’eux 8 . 
Si une guerre était décidée par la ligue, Sparte avait l’hégé 
monie, mais la paix devait être conclue en commun. Néanmoins 
chaque état de la ligue avait le droit de mener sa propre politique 
extérieure, de traiter directement avec des états étrangers, et même 
de leur faire la guerre de son propre chef. C’est ainsi qu’avant l’ex 
plosion de la guerre du Péloponnèse, Corinthe engagea des pour 
parlers avec Corcyre pour la conciliation possible par l’arbitrage 
d’un troisième état ou d’une institution indépendante, du différend 
qui les séparait au sujet d’Epidamne 4 . Ces pourparlers n’ayant 
donné aucun résultat les deux nations en vinrent aux mains, sans que 
la ligue eût au début à y intervenir. En l’an 416 pendant la période 
de paix qui suivit la guerre de dix ans, Corinthe fit à Athènes et 
pour son compte personnel une courte guerre ; Thucydide dit ex 
pressément que le reste du Péloponnèse n’y prit pas part 6 . Deux 
ans après, Corinthe décida d’abord seule, de soutenir Syracuse 
contre Athènes et chercha ensuite aussi à mettre la ligue en feu 6 . 
Comment tranchait-on les différends qui pouvaient surgir entre 
deux membres de la ligue ? En l’an 418, lorsqu’Argos conclut une 
ligue avec Sparte 7 , il fut décidé que Sparte et Argos ainsi que leurs 
alliés devaient « suivant l’antique usage » régler tous leurs différends 
sur le pied d’égalité et par la voie judiciaire 8 . Plus loin dans le 
traité on trouve cette précision 0 que tous les différends qui ne 
1 tous; aÙTOÙç èx$poù<; xal <¡>íXouc; voptÇeiv. — ! Thuc. I, 125. — 9 Thuc. V, 30: 
etprjpévov xùptov tîvat ô ti âv xô xcov ôuppâxcov f\v xi Stecov f) 
rjpcocov xcbXupa cfr. Xen. Hell. II, 4, 30. IV, 2, 16. Busolt, Gr. Gesch. III, 2, 
857 ‘ - 4 n° IX. - s V, 115. - 0 Thuc. VI, 88, 9. - 7 Thuc. V, 79; voir n° XIV. 
— 8 xaTxà xàxpia bíxaç bibôvxet; xàç ïoas xctî ôpot'ac;. — 9 Kirchhoff, Sitz. Ber. d. 
K. Preus. Acad. d. Wiss. 1883, page 863.
	        
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