Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

192

A.  RÆDER

ou  une  alliance  défensive  ;  ce  n’était  pas  une  alliance  complète,
défensive  et  offensive 1 .  Les  intérêts  de  la  ligue  étaient  défendus
par  l’assemblée  générale  de  la  ligue  qui  se  tenait  en  général  à
Sparte  ;  chacun  des  membres  de  la  ligue  y  avait  une  voix 2  ;  la
majorité  engageait  tous  les  états  de  la  ligue,  à  moins  qu’une  considération ­
  religieuse  quelconque  fût  un  obstacle  pour  l’un  d’eux 8 .
Si  une  guerre  était  décidée  par  la  ligue,  Sparte  avait  l’hégémonie, ­
  mais  la  paix  devait  être  conclue  en  commun.  Néanmoins
chaque  état  de  la  ligue  avait  le  droit  de  mener  sa  propre  politique
extérieure,  de  traiter  directement  avec  des  états  étrangers,  et  même
de  leur  faire  la  guerre  de  son  propre  chef.  C’est  ainsi  qu’avant  l’explosion ­
  de  la  guerre  du  Péloponnèse,  Corinthe  engagea  des  pourparlers ­
  avec  Corcyre  pour  la  conciliation  possible  par  l’arbitrage
d’un  troisième  état  ou  d’une  institution  indépendante,  du  différend
qui  les  séparait  au  sujet  d’Epidamne 4 .  Ces  pourparlers  n’ayant
donné  aucun  résultat  les  deux  nations  en  vinrent  aux  mains,  sans  que
la  ligue  eût  au  début  à  y  intervenir.  En  l’an  416  pendant  la  période
de  paix  qui  suivit  la  guerre  de  dix  ans,  Corinthe  fit  à  Athènes  et
pour  son  compte  personnel  une  courte  guerre  ;  Thucydide  dit  expressément ­
  que  le  reste  du  Péloponnèse  n’y  prit  pas  part 6 .  Deux
ans  après,  Corinthe  décida  d’abord  seule,  de  soutenir  Syracuse
contre  Athènes  et  chercha  ensuite  aussi  à  mettre  la  ligue  en  feu 6 .
Comment  tranchait-on  les  différends  qui  pouvaient  surgir  entre
deux  membres  de  la  ligue  ?  En  l’an  418,  lorsqu’Argos  conclut  une
ligue  avec  Sparte 7 ,  il  fut  décidé  que  Sparte  et  Argos  ainsi  que  leurs
alliés  devaient  «  suivant  l’antique  usage  »  régler  tous  leurs  différends
sur  le  pied  d’égalité  et  par  la  voie  judiciaire 8 .  Plus  loin  dans  le
traité  on  trouve  cette  précision 0  que  tous  les  différends  qui  ne
1  tous;  aÙTOÙç  èx$poù<;  xal  <¡>íXouc;  voptÇeiv.  —  !  Thuc.  I,  125.  —  9  Thuc.  V,  30:
etprjpévov  xùptov  tîvat  ô  ti  âv  xô  xcov  ôuppâxcov  f\v  xi  Stecov  f)
rjpcocov  xcbXupa  cfr.  Xen.  Hell.  II,  4,  30.  IV,  2,  16.  Busolt,  Gr.  Gesch.  III,  2,
857  ‘  -  4  n°  IX.  -  s  V,  115.  -  0  Thuc.  VI,  88,  9.  -  7  Thuc.  V,  79;  voir  n°  XIV.
—  8  xaTxà  xàxpia  bíxaç  bibôvxet;  xàç  ïoas  xctî  ôpot'ac;.  —  9  Kirchhoff,  Sitz.  Ber.  d.
K.  Preus.  Acad.  d.  Wiss.  1883,  page  863.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.